De maya à Blender par un infographiste indépendant

Depuis mes 13 ans, j’utilise les pro­duits Autodesk. Par­mi ceux-ci, Maya, et ce, avant même que ce ne soit un pro­duit d’Autodesk. Si on m’avait demandé à l’époque si j’aimais Blender, je vous aurais répon­du Non ! Que je l’ai essayé il y a 5 ou 6 ans, tout était super large, comme si la caméra regar­dait à tra­vers une lentille fish-eye. Pour être hon­nête, je n’ai jamais vrai­ment don­né Blender une chance. Je ai regardé une fois, puis je suis passé directe­ment à 3D Stu­dio Max. Tout comme O’Neill (de Star­gate SG1), j’ai tou­jours pen­sé: «Eh bien, nous tra­verseront ce pont quand nous y serons.” (eq. une dif­fi­culté l’une après l’autre). Eh bien, je suis enfin arrivé à ce pont, et je dois dire que je suis très sur­pris.

Maya POUR:

  1. Très bon out­il pour réalis­er rapi­de­ment des mod­èles
  2. Les out­ils d’animation fonc­tion­nent bien et il est facile de faire des rigs rel­a­tive­ment com­plex­es
  3. L’Outliner (fenêtre avec la hiérar­chie de la scène) est très sim­ple d’emploi
  4. Pareil pour les Mate­ri­als
  5. Les angles droits sont faciles à ajuster
  6. La grille d’affichage et le sys­tème d’alignement est intu­itif et facile
  7. Il y a un grand nom­bre de for­mats qu’on peut importer et exporter
  8. L’outil est épuré : il n’y a pas beau­coup de fonc­tion­nal­ités inutiles

Maya CONTRE:

  1. Le sys­tème de ren­du de Maya est rel­a­tive­ment lent
  2. J’ai déjà plan­té le logi­ciel, ne serait-ce qu’avec le direc­to­ry brows­er.
  3. Le lan­gage de script­ing Mel est hor­ri­ble à utilis­er. Il faudrait vrai­ment qu’ils le changent !
  4. La mesure sous Maya ne sem­ble jamais exacte.
  5. Le GUI néces­sit­erait un update. Met­tre au point un mate­r­i­al par exem­ple, n’est pas vrai­ment plaisant à faire.
  6. Le Weight Paint­ing pour les ani­ma­tions est assez fas­ti­dieux sous Maya.

Blender POUR:

  1. C’est gra­tu­it !
  2. Le GUI est phénomé­nale, et on peut le cus­tomiser facile­ment.
  3. Cela tourne avec une ver­sion mod­i­fiée de python, ren­dant facile la pos­si­bil­ité de créer de nou­veaux out­ils.
  4. Le sys­tème d’animation est facile à utilis­er (avec son dope sheet et son curves edi­tor)
  5. La mod­éli­sa­tion est ratio­nal­isée, opti­misée, avec de super out­ils
  6. Il pos­sède un sys­tème inté­gré de sculpt robuste
  7. Ajouter des bones, skin­ning, et faire le weight paint sont très facile et se font visuelle­ment
  8. Il y a tout une série d’addons qui per­me­t­tent d’étendre les capac­ités de Blender
  9. Il y a un pan­el de type “mod­i­fiers” comme 3Ds Max, ce qui est vrai­ment super cool.
  10. Il y un moteur de jeu inté­gré (le Blender Game Engine ou BGE)
  11. Il y a un moteur de par­tic­ules inté­gré qui est facile à utilis­er et qui pro­duit de sacrés résul­tats
  12. Fab­ri­quer des mate­ri­als en util­isant l’éditeur visuel (node edi­tor) est sim­ple.
  13. C’est un pro­duit open source qui est mis à jour fréquem­ment.
  14. Lit­térale­ment tout à un rac­cour­ci clavier, don­nant la pos­si­bil­ité de tra­vailler très rapi­de­ment quand on con­naît le short­cut.
  15. Le ren­du par Cycles est absol­u­ment incroy­able !

Blender CONTRE:

  1. J’ai ren­con­tré des dif­fi­cultés avec des fichiers FBX, sur des ver­tex nor­mals que je n’ai pas réus­si à résoudre
  2. Cela prend un cer­tain temps de se faire au con­trôle des caméras
  3. L’outliner est rel­a­tive­ment figé, et n’est pas aus­si flex­i­ble que sous Maya, comme pour déplac­er des objets.
  4. Il n’y a pas tant que cela de for­mats d’export et d’import (mais les plus impor­tants sont là)  — Note du tra­duc­teur: en réal­ité, grâce aux addons, il y a presque tous les for­mats d’imports/exports, sauf les for­mats pro­prié­taires comme 3DSMax.
  5. Il n’y a pas beau­coup de tuto­ri­aux pro­fes­sion­nels pour Blender
  6. Les con­straints sont un peu dif­fi­ciles à met­tre en place (je ne sais pas d’ailleurs com­ment faire des rigs vrai­ment com­plex­es aujourd’hui)
  7. Il faut utilis­er le split edge tool pour ren­forcer et adoucir les nor­mals, ce dont je ne suis pas trop friand.
  8. J’ai l’impression que Blender est la seule alter­na­tive réelle à Maya, pour les développeurs indépen­dants. C’est une déc­la­ra­tion auda­cieuse, je sais, mais après m’être habitué à lui, je ne peux pas imag­in­er dépenser $ 4000 pour Maya. Tout ce qui existe sous Maya se trou­ve sur Blender, ou mieux. Il y a quelques petits incon­vénients, comme l’exportation FBX avec des nor­males au som­met, mais sinon, il fait le tra­vail.

Voici un ren­du de notre avion en util­isant Cycles moteur de ren­du de Blender.

Here is a render of our plane using Cycles render engine in Blender.

Fonctionnalités

Je vais énumér­er les avan­tages du  moteur de ren­du Cycle qui est absol­u­ment incroy­able. Il suf­fit de regarder la pho­to ci-dessus. Rien n’a été fait à l’avance pour faire plus joli. Je crois qu’il a un effet d’éclairage glob­al sys­té­ma­tique­ment, ce qui sig­ni­fie que cela gère les rebonds de lumière autour, de sorte que vous ne avez pas à créer un matéri­au. Cepen­dant, la car­ac­téris­tique qui est vrai­ment à couper le souf­fle est la pos­si­bil­ité de mod­i­fi­er active­ment les pro­priétés du matér­i­al ou de la géométrie en temps-réel, tout en ayant visuelle­ment le résul­tat. Vous pou­vez tourn­er autour de la scène et chang­er la couleur ou l’intensité des lumières, et il met­tra à jour le ren­du que vous le faites.

I moved the camera in the scene. Notice the graininess of the plane that is cycles rendering as I am moving.

Au-delà de ça, Blender a une sim­u­la­tion physique des par­tic­ules inté­gré. Par exem­ple, dis­ons que vous avez un jeu qui a besoin des envi­ron­nements destruc­tibles, et qu’il soit plus plus rapi­de pour vous de bak­er” les éclats cassés à l’avance, plutôt que d’exécuter une sim­u­la­tion chaque fois que vous démar­rez le jeu. Dans Blender, tout ce que vous avez à faire est de pren­dre la géométrie et d’exécuter une sim­u­la­tion de frac­ture sur elleIl ya  même une sim­u­la­tion qui vous per­met de régler des choses comme la vitesse, la grav­ité, la direc­tion de frac­ture, et plus encore. Voici une vidéo de sim­u­la­tions et de par­tic­ules disponibles dans Blender. Avec toutes ces fonc­tion­nal­ités, il est dif­fi­cile de se rap­pel­er que ce est un logi­ciel libre.

Blender pos­sède égale­ment un mag­a­sin d’add-on, à par­tir duquel vous pou­vez télécharg­er des out­ils créés par les util­isa­teurs, des mod­ifi­ca­teurs, et le tout inté­gré au pro­gramme via python. Par exem­ple, un out­il sim­ple qui m’a économisé beau­coup de temps est un menu de la barre d’espace. Avant, la barre d’espace était sim­ple­ment util­isée comme une fonc­tion de recherche. Main­tenant, non seule­ment il cherche tout ce que vous tapez dans, mais il a égale­ment des liens con­textuels vers ce que vous pour­riez avoir besoin, de la créa­tion de géométries, la parental­ité, etc.

Blender offre un ensem­ble d’outils pour la mod­éli­sa­tion incroy­able, aus­si. La fonc­tion d’image de référence en back­ground est petite fonc­tion­nal­ité qui m’a beau­coup changé la vie. Avec quelques clics, vous pou­vez choisir l’image que vous voulez voir dans le viewports. La facil­ité d’utilisation est un des points clés de Blender. On sent vrai­ment que les con­cep­teurs qui bossent sur Blender sont avant tout des util­isa­teurs. As you can see Steve has added some images and even specified where they should show up. Very easy process and the result is great.

Modélisation avec Blender

Vous com­mencez dans ce qu’on appelle mode objet,” qui vous per­met de sélec­tion­ner un objet ou un groupe d’objets. Une car­ac­téris­tique vrai­ment cool vous per­met de frap­per la touche Z en mode d’objet pour faire appa­raître ce qui sem­ble être une vue en fil de fer. Une fois fait avec la sélec­tion d’objets, appuyez sur la touche de tab­u­la­tion pour accéder au “mode d’édition.Ce qui est cool à pro­pos de mode d’édition est que vous pou­vez sélec­tion­ner les arêtes, faces, som­mets, ou toute com­bi­nai­son des trois. Si vous frappez la touche Z, il met tout dans un mode filaire, mais les objets que vous êtes en train de mod­i­fi­er un ombrage gris clair, ce qui rend vrai­ment facile à voir le géo vous souhaitez mod­i­fi­er.

En mode objet que vous obtenez ce sché­ma cool qui vous mon­tre exacte­ment ce que vous avez active­ment sélec­tion­né et ce qui pour­rait être sec­ondaire sélec­tion­né. Un con­tour jaune indique la sélec­tion active.While in object mode you get this cool outline that shows you exactly what you have actively selected and what might be secondary selected. A yellow outline indicates active select.This is the wire frame while in object mode as you can see there are some broken edgeloops this feature is show us the flow of my edgeloops. In this case I did a bad thing and broke the flow.

This is the wire frame in edit mode I use it pretty much exclusively while modeling because it makes it super easy to see exactly what I am editing. The attention to details makes the program easier to use with out the user even noticing it's doing so.

Pour con­clure, je voulais mon­tr­er quelques out­ils pra­tiques qui ont ren­du la vie plus facile. Il y a beau­coup, beau­coup d’outils qui sont évi­dents, mais je n’avais jamais su que j’en avais besoin.

Par exem­ple, dans Blender, il est pos­si­ble d’insérer une “boucle de bord” avec CTRL + R. Vous pou­vez alors faire défil­er la molette de la souris vers le haut ou vers le bas pour gag­n­er ou per­dre boucles d’arêtes sup­plé­men­taires. Faites un clic droit pour con­firmer, et main­tenant vous pou­vez faire gliss­er les boucles de haut en bas sur les vis­ages. Faites un clic droit à nou­veau, et il les place. Un grand nom­bre d’outils fonc­tionne de cette façon dans Blender avec le même niveau de pro­fondeur et de com­plex­ité, mais d’une manière beau­coup plus intel­li­gente et plus intu­itive.

Une autre car­ac­téris­tique qui existe sous Silos, mais qui manque à Maya est la capac­ité de sélec­tion­ner des faces, puis appuyez sur SHIFT + D pour les repro­duire et de les sor­tir de la géométrie, tout en con­ser­vant les faces elles sont issues.

Skin­ning un mesh est aus­si sim­ple que de par­enter un os à une géométrie. Une fois cela fait, chaque pièce de la géométrie devient un groupe de ver­tex qui se rap­por­tent à un os qui est l’influencé par les mou­ve­ments de ce dernier. Quelque chose de cool à pro­pos de Blender est que vous pou­vez créer autant de groupes que vous voulez, tout en partageant ou non des ver­tex. Cela per­met un weight paint plus facile car vous pou­vez ain­si tra­vailler avec un groupe, puis un autre, même si cer­tains ver­tex sont en com­mun.

I click ctrl+r and that allows me to insert and edgeloop anywhere I can even drag the mouse around to new locations after hitting the shortcut here I have scrolled up and it has given me many more edgeloops to work with.I have entered the paint weight feature and pressed z key notice that the geometry I have selected is highlighted blue. This means currently no weight from the current bone is affecting the object.Pour moi, la tran­si­tion vers Blender a été facile, et en tant que développeur indépen­dant, cela en vaut la peine. Pour nous, il n’y avait pas d’autre choix, car le coût des pro­duits Autodesk est tout sim­ple­ment trop élevé pour notre bud­get. 8000 dol­lars pour deux licences peu­vent être util­isés de manière plus effi­cace, tout en pro­duisant l’ensemble du con­tenu de haute qual­ité dont nous avons besoin pour le jeu. Blender est un pro­gramme éton­nant, et je le recom­mande vrai­ment à tout le monde. Je voulais juste vous mon­tr­er qu’il ne faut pas juger un pro­gramme à son prix”
Arti­cle Orig­i­nal (US): http://polyknightgames.com/from-maya-to-blender-the-road-less-traveled/ par  Tra­duc­tion libre par Greg pour benicourt.com

3 réflexions sur « De maya à Blender par un infographiste indépendant »

  1. Vous avez rai­son sur ce point blender est très loin d’être intu­itif en tout cas au pre­mier abord. Il a sa logique per­son­nelle. Une fois qu’on l’a com­prise on arrive à tra­vailler très rapi­de­ment avec aus­si rapi­de­ment que sous SketchUp et bien sûr avec beau­coup plus de pos­si­bil­ités. Je vous con­seille donc de per­sévér­er cela peut pren­dre du temps mais au final ce sera payant. Et n’oubliez pas que Blender s’utilise avec les rac­cour­cis clavier prin­ci­pale­ment

  2. Bon­jour Mr Beni­court,
    Je tra­vaille actuelle­ment sur Sketchup. Ce logi­ciel est facile a pren­dre en main, rapi­de et intu­itif. Mais, il ne pro­pose pas de ren­du réal­iste (même basic).
    Pour une util­i­sa­tion plus poussée, il est lim­ité.
    Je décou­vre Blender et je m’aperçois qu’il est, de prime abord, moins intu­itif et moins pra­tique et donc rapi­de que Sketchup :
    – fonc­tion « scale » : dans Sketchup la dis­tance est la même entre le rec­tan­gle d’origine et le rec­tan­gle du scale au con­traire de Blender (on y arrive dans Blender mais avec des opéra­tions sup­plé­men­taires).
    – unité de mesure : dans Sketchup je choisi le mil­limètre par défaut et je tape toutes mes dis­tances en mil­limètres. Dans Blender, je dois taper en mètre avec la vir­gule (la grille étant pro­por­tion­née sur cette dis­tance par défaut).
    – opéra­tion de mod­éli­sa­tion : dans Sketchup je mod­i­fie et je tape tout de suite la dis­tance souhaitée (c’est rapi­de et pré­cis). Dans Blender, une mod­i­fi­ca­tion se fait pro­por­tion­nelle­ment à la taille ini­tiale.
    Exem­ple : Si je veux faire un « scale » de 2cm sur un rec­tan­gle de 85cm je dois cal­culer le chiffre a taper soit 2/85–100=99.976 sous Blender. De plus, la dis­tance peut être néga­tive dans Blender alors que dans Sketchup le logi­ciel enreg­istre la direc­tion du mou­ve­ment don­né par la souris donc pas de notion négatif/positif pour con­naitre le sens de l’opération (le chiffre a écrire est tou­jours posi­tif).
    – pour not­er des dis­tances, Blender ne sem­ble pas pro­pos­er des out­ils pra­tiques.
    Il y a pleins d’avantages à Blender que ne pos­sède pas Sketchup. Mais ces quelques incon­vénients que je ren­con­tre pour un pre­mier con­tact avec le logi­ciel sont pour moi réd­hibitoires.
    Aus­si, je m’adresse à vous qui avez une exper­tise poussée du logi­ciel Blender pour me dire si je me trompe sur le fonc­tion­nement du logi­ciel ou si je suis dans le vrai.
    Je vous remer­cie d’avance pour vos éclair­cisse­ments.
    Cor­diale­ment

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