Jeux vidéo: la french Touch

La France a t‑elle été une des pio­nnières dans la créa­tion des jeux vidéo ? Je crois que c’est incon­testable. Ce qui est cer­tain, c’est qu’il existe une cul­ture du jeu vidéo en France — cul­ture qui s’est forgée en quelques décen­nies grâce à ces sociétés et ces créa­teurs qui ont par­ticipé à l’his­toire du jeu vidéo.

Alors, on va par­ler French Touch.  Mais pour cela, on va laiss­er ces grands du jeu vidéo qui sont loin aujour­d’hui de se repos­er sur leurs lau­ri­ers. La plu­part ont préféré créer un petit stu­dio pour boss­er tran­quille­ment sur leurs pro­pres pro­jets, loin de cette indus­trie vorace qui écrase la créa­tiv­ité sous des cahiers des charges inébran­lables et des busi­ness plans rigides.

Com­mençons avec Eric Chahi (Anoth­er World, Heart of Dark­ness, From Dust), inter­viewé par Aurélie Knosp nous a con­coc­té un entre­tien bien sym­pa pour Joy­pad :

Et puis dans ce débat il y a aus­si Alain Dama­sio (La Zone du Dehors, La Horde du Con­trevent) qui réus­sit à adoucir les angles en par­lant du tra­vail d’au­teur et des autres cul­tures : “Nous sommes totale­ment tra­ver­sés “.  Décou­vrez deux auteurs qui se lais­sent habiter par leur œuvre plutôt qu’­ef­fac­er par n’im­porte quel cliché !

Un développeur français est-il néces­saire­ment râleur, doit-il for­cé­ment racon­ter des his­toires chi­antes, et faire des pro­jets sans argent ?

Pour y répon­dre, Aurélie enchaine avec deux développeurs français, heureux de faire leur méti­er depuis des années. Frédérick Ray­nal et Thier­ry Pla­ton font le point sur la ” French Touch ” (et qui bosse sur leur dernier bébé, 2Dark):

Et pour ter­min­er, je vous pro­pose de retrou­ver tout ce beau monde dans une con­férence sur le thème de la “French Touch” organ­isée par la  Mona­co Ani­me Game Inter­na­tion Con­férences MAGIC 2015:

Per­son­nelle­ment, je crois que la France a encore son mot à dire, notam­ment grâce aux stu­dios indépen­dants qui sont les seuls à pou­voir réelle­ment sor­tir quelque chose de neuf.

Pourquoi les français, pourquoi aujour­d’hui ?  On dit que nous avons de bonnes écoles qui for­ment à ce domaine, mais je crois que ce n’est pas la rai­son prin­ci­pale. Pourquoi, durant une époque, il y a eu telle­ment de bons joueurs de ten­nis en Suède ? Une bonne géné­tique ? Non, je n’y crois pas. Je crois que la réponse est là: Björn Borg et l’ex­em­ple qu’il a don­né aux jeunes. Il leur a juste mon­tré que c’é­tait pos­si­ble. Sou­vent, c’est cela qui nous manque comme exem­ple: qu’un gars qui ne sort d’une grande école privée,  qui ne pos­sède pas une pen­sion de 4000€ par mois ver­sée par papa pour s’adon­ner tran­quille­ment à sa pas­sion, et qui réus­sit … quand même ! Parce qu’il a eu la bonne idée, parce qu’il était tal­entueux, qu’il a beau­coup tra­vail­lé, s’est bien entouré, et a eu… un peu ou beau­coup de chance. Le marché est dif­fi­cile, mais c’est pos­si­ble ! Cha­cun peut laiss­er ses traces de pas dans l’his­toire du jeu qui n’en est qu’au début !

Aujour­d’hui, nous avons des grands noms du jeu vidéo Français qui ont con­sacré leur vie entière à créer des jeux. Pour­tant, ils auraient pu faire for­tune et faire comme d’autres et se con­sacr­er à des activ­ités de rich­es. Et puis il y a des tas de petits stu­dios très tal­entueux aujour­d’hui et d’autres qui s’ex­pa­tri­ent… mais ne leur jetons pas la pierre — ils font ray­on­ner la “French Touch” dans le monde entier (ou pas).

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