Google: un ordinateur quantique?

IBM, Microsoft et Google investis­sent dans le domaine de l’information quan­tique. On par­le bien d’investir quand on achète un ordi­na­teur entre 10 et 15 mil­liards de dol­lars! Bon, ça va dépen­dre de ce qu’ils vont en faire, mais gageons que ces derniers savent con­ver­tir les bits en mon­naie son­nante et trébuchante !

Google fait par­ler de lui en ce moment  suite à son annonce sur le D-Wave 2X qui  serait 100 mil­lions de fois plus rapi­de qu’un ordi­na­teur clas­sique. Le Quan­tum Arti­fi­cial Intel­li­gence de Google a pub­lié  un arti­cle sur arX­iv mon­trant de nou­veaux tests réal­isés avec ce cal­cu­la­teur quan­tique. C’est une ver­sion améliorée de l’ordinateur  du Ames Research Cen­ter de la NASA, le D-Wave Two.

Avant tout, rap­pelons qu’un ordi­na­teur quan­tique ne tra­vaille pas directe­ment avec des bits, mais avec des qubits. Un qubit est l’état quan­tique représen­tant donc l’unité de stock­age d’information quan­tique. Il est com­posé d’une super­po­si­tion de deux états de base: I0> et I1> (sont pas beaux mes bras et mes kets?)

google quant

google Calculateur quantique _ - https___fr.wikipedia.org_wiki_Calculateur_quantique

Une mémoire clas­sique ne peut pren­dre que les valeurs 0 et 1, et une seule à la fois, un qubit n’a pas cette restric­tion.). Bon, on ne va pas s’attarder sur ces for­mules ras­surez-vous! Si ça ne vous par­le pas, regardez ça:

d_wave__DWave_Systems_Inc

Cet ordi­na­teur  a été branché dans le cen­tre de recherche Ames de la Nasa dans la Sil­i­con Val­ley, près du siège de Google, exploitée en parte­nar­i­at avec l’USRA (Uni­ver­si­ties Space Research Asso­ci­a­tion). Comme on le voit sur la pho­to, le cal­cu­la­teur est très grand. Le cal­cu­la­teur est conçu par la société cana­di­enne D-Wave Sys­tems.

Il y a une con­tro­verse autour de cet ordi­na­teur. Le pro­fesseur Gérard Berry, du Col­lège de France, indique en effet, que la machine actuelle de D-Wave n’est pas un cal­cu­la­teur quan­tique général, mais opti­misé pour un type de cal­cul nom­mé le recuit simulé quan­tique ou QA (pour Quan­tum anneal­ing en anglais), qui se prête bien au cal­cul quan­tique. D-wave a tou­jours refusé que des experts mon­di­aux étu­di­ent son ordi­na­teur, ce qui aug­mente le doute. Mais il est vrai que nous sommes main­tenant dans une ère de brevets qui va cer­taine­ment bien lim­iter la recherche, ain­si, nous pou­vons enten­dre  “Nous préférons désor­mais dépos­er des brevets plutôt que pub­li­er des arti­cles comme c’est de règle dans le domaine académique, affirme ain­si Michel Pioro-Ladrière, qui développe des processeurs quan­tiques au sein d’Intriq. ”

Le cal­cu­la­teur de D-Wave néces­site un fonc­tion­nement à 3 mil­likelvins (-273 °C env­i­ron). “Le but est d’obtenir un temps de cohérence — c’est-à-dire le temps où cet état de super­po­si­tion est main­tenu — plus impor­tant que le temps de cal­cul”, rap­pelle Michel Pioro-Ladrière. Il faut donc sélec­tion­ner les matéri­aux: l’aluminium et le sili­ci­um. A ces tem­péra­tures, l’aluminium devient supra­con­duc­teur, c’est-à-dire qu’il n’oppose aucune résis­tance au pas­sage du courant, un com­porte­ment que seule la mécanique quan­tique peut expli­quer. “Alors l’objet lui-même se com­porte comme un seul atome que nous appelons “trans­mon” dans lequel cir­cu­lent des paires d’électrons qui adoptent un com­porte­ment quan­tique”, pour­suit le chercheur.

La NASA est con­fron­tée depuis longtemps à des prob­lèmes d’optimisation, elle utilise pour cela des super­cal­cu­la­teur dans son NAS (Nasa Advanced Super­com­put­ing). Elle a signé un accord avec Google, pour cela.

google-s-est-paye-un-ordinateur-quantique-qui-fonctionne

Google achète les machines de D-Wave Sys­tems pour voir ce que ces cal­cu­la­teurs peu­vent apporter à des prob­lèmes avec de mul­ti­ples paramètres comme :

  • le traf­ic aérien, ou autres con­trôles de radars,
  • la plan­i­fi­ca­tion de mis­sions,
  • la robo­t­ique,
  • la recherche d’exoplanètes,
  • la recherche dans des bases de don­nées,
  • la recon­nais­sance vocale,
  • l’apprentissage automa­tique (machine learn­ing en anglais),
  • l’intelligence arti­fi­cielle dans son ensem­ble
  • le tran­shu­man­isme, une des nou­velles ori­en­ta­tions de Google (mais qui le point cen­tral de toute leur démarche pour qui sait lire entre les lignes)

Même si ce cal­cu­la­teur n’est pas un ordi­na­teur quan­tique réel, mais un super­cal­cu­la­teur, il est toute­fois très rapi­de pour des cal­culs spé­ci­fiques: il cal­cule en une sec­onde ce qui prendrait 10.000 ans à un ordi­na­teur clas­sique (bon c’est quoi un clas­sique?). Lors d’un cal­cul avec plus de 1000 vari­ables binaires, le D-Wave 2X a été plus de 10 puis­sance 8 fois plus rapi­de que son homo­logue tra­di­tion­nel, mais aus­si que le Quan­tum Monte Car­lo, un algo­rithme fonc­tion­nant avec des processeurs clas­siques.

Bon, per­son­nelle­ment, je ne sais pas quoi penser de tout cela. Peut-être qu’il me manque des infor­ma­tions pour mieux appréhen­der ce qui se pro­file à l’horizon. Il est clair que nous ne sommes qu’au début de cette tech­nolo­gie et que per­son­ne n’a intérêt à ce qu’elle devi­enne grand pub­lic. Avec un ordi­na­teur quan­tique, rap­pelez-vous “SETEC ASTRONOMY” du film “les experts” (sneak­ers):

Et pour­tant, nous n’avons aucune rai­son de penser aujourd’hui que cette tech­nolo­gie ne va pas se répan­dre à terme: on ne peut même pas imag­in­er avec ça ce que deviendrait une IA util­isant le deep learn­ing, inter­net et toute la con­nais­sance du monde… ain­si que toute la con­nais­sance qu’elle pour­rait en déduire en une frac­tion de ce monde. Un être qua­si divin (à notre échelle) est entrain de naitre sous nos yeux mais nous sommes peu à en avoir con­science: Deus Ex Machi­na.

Bon, je suis bien con­scient que cet arti­cle manque de pro­fondeur — je reviendrai sur le sujet quand j’aurais plus d’informations à com­mu­ni­quer.

 

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