Les technologies Open Source de la NASA (et les autres)

La NASA per­met aux développeurs d’u­tilis­er ses out­ils et tech­nolo­gies pour la créa­tion de leurs pro­pres appli­ca­tions. Un cat­a­logue de logi­ciels 2017–2018 four­nit gra­tu­ite­ment une suite de pro­duits logi­ciels par l’in­ter­mé­di­aire de son “tech­nol­o­gy trans­fer pro­gram”.

« Le cat­a­logue de logi­ciels est notre façon de soutenir l’é­conomie de l’in­no­va­tion en don­nant accès aux out­ils util­isés par les meilleurs pro­fes­sion­nels de l’aérospa­tiale d’au­jour­d’hui aux entre­pre­neurs, aux petites entre­pris­es, aux uni­ver­sités et à l’in­dus­trie […] l’ac­cès à ces codes logi­ciels a le poten­tiel de génér­er des avan­tages tan­gi­bles qui créent des emplois, génèrent des revenus et sauvent des vies », déclare Steve Jur­czyk, admin­is­tra­teur asso­cié de la NASA Space Tech­nol­o­gy Mis­sion Direc­torate (STMD). Vous vous en doutez, la thé­ma­tique prin­ci­pale de ces out­ils sera liée avec les fusées, la ges­tion des flux, … ce qui rend la déc­la­ra­tion de ce mon­sieur assez obscure… Mais pas tant que ça si on va fouin­er d’un peu plus près 😉

Des codes, dans ce guide, indiquent les exi­gences et restric­tions en matière d’accès :

  • Gen­er­al Pub­lic Release : codes à large dif­fu­sion sans restric­tion de divul­ga­tion ou de con­trôle des expor­ta­tions ;
  • Open Source Release : dans l’optique de col­lab­o­ra­tion afin que les développeurs améliorent les codes ini­tiale­ment dévelop­pés par la NASA et parta­gent les change­ments ;
  • U.S Release Only : codes disponibles pour les citoyens améri­cains seule­ment, sans pos­si­bil­ité de trans­fér­er le logi­ciel sans l’au­tori­sa­tion écrite préal­able de la NASA ;
  • U.S. and For­eign Release : codes disponibles aux citoyens améri­cains et à des per­son­nes à l’extérieur des États-Unis sous con­di­tions ;
  • U.S. Gov­ern­ment Pur­pose Release : codes unique­ment util­is­ables pour le compte du gou­verne­ment des États-Unis : Project Release,Interagency Release,NASA Release

Le cat­a­logue dis­tingue 15 caté­gories :

  • Sys­tèmes d’af­faires et ges­tion de pro­jets ;
  • Out­ils de con­cep­tion et d’in­té­gra­tion ;
  • Ges­tion des véhicules ;
  • Ges­tion et traite­ment des serveurs de don­nées ;
  • Propul­sion ;
  • Struc­ture et mécan­ismes ;
  • Équipage et sou­tien vital ;
  • Traite­ment des don­nées et des images ;
  • Matéri­aux et procédés ;
  • Puis­sance élec­tron­ique et élec­trique ;
  • Sci­ences de l’en­vi­ron­nement (Envi­ron­nements ter­restres, Mod­éli­sa­tion atmo­sphérique plané­taire, Blindage des ray­on­nements);
  • Sys­tèmes autonomes ;
  • Aéro­nau­tique.

Par exem­ple, nous pou­vons voir, dans la caté­gorie “Sys­tèmes d’affaires et ges­tion de pro­jets”,  Pega­sus 5, un out­il révo­lu­tion­naire de cal­cul dynamique des flu­ides (CFD). Il per­met une analyse aéro­dy­namique de haute fidél­ité et offre une vitesse, une flex­i­bil­ité et une facil­ité d’u­til­i­sa­tion impres­sion­nantes. Il est très util­isé dans l’in­dus­trie pour la mod­éli­sa­tion et la sim­u­la­tion. Dans le domaine de l’é­d­u­ca­tion, le logi­ciel a été dif­fusé à plus de 100 étu­di­ants et pro­fesseurs dans de nom­breux grands col­lèges et uni­ver­sités, y com­pris Stan­ford, le MIT et le Cal­i­for­nia Insti­tute of Tech­nol­o­gy. Les inven­teurs sont Stu­art Rogers, Nor­man Suhs et William Dietz.

Des mod­èles infor­ma­tiques des atmo­sphères de la Terre, de Mars, de Vénus, de Titan et de Nep­tune sont disponibles dans le cadre du pro­gramme Espace et effets spa­ti­aux (SEE) de la NASA. Ces codes peu­vent être util­isés pour divers­es appli­ca­tions de mis­sion et ils offrent des valeurs pour les paramètres atmo­sphériques, y com­pris la den­sité, la tem­péra­ture et les vents. Par exem­ple: “Earth Glob­al Ref­er­ence”, Mod­èle atmo­sphérique MFS-32780–2, est un code infor­ma­tique pou­vant fonc­tion­ner sur une var­iété de plates-formes, y com­pris les PC et les sta­tions UNIX. Le mod­èle four­nit des valeurs pour les paramètres atmo­sphériques tels que la den­sité, la tem­péra­ture, les vents, et les con­sti­tu­ants pour n’im­porte quel mois et à n’im­porte quelle alti­tude et emplace­ment dans l’at­mo­sphère de la terre. Ver­sion améri­caine seule­ment. La ver­sion Mars (Mars Glob­al Ref­er­ence Atmos­pher­ic Mod­el (Mars-GRAM) 2010 MFS-33158–1) est  toute­fois disponible en Gen­er­al Pub­lic Release.

Dans la caté­gorie Ges­tion et traite­ment des serveurs de don­nées, l’outil Appli­ca­tion Research Tool­box (ART) SSC-00181 est «une col­lec­tion de pro­grammes infor­ma­tiques qui met­tent en œuvre des algo­rithmes et des mod­èles math­é­ma­tiques paramétriques pour simuler des sys­tèmes de télédé­tec­tion, dévelop­pés dans MATLAB ». La boîte à out­ils offre la pos­si­bil­ité de syn­thé­tis­er des ensem­bles de don­nées d’im­age à réso­lu­tion spa­tiale plus grossière à par­tir de jeux de don­nées de réso­lu­tion spa­tiale plus fine et de pro­duits d’im­ages mul­ti­spec­trales à par­tir de sys­tèmes d’im­agerie mul­ti­spec­trale. ART est conçu pour s’exé­cuter sur un poste de tra­vail stan­dard Win­dows® NT / 2000 et MATLAB ver­sion 6.5. Un guide de référence du pro­gram­meur est fourni pour fournir des détails sup­plé­men­taires sur la con­fig­u­ra­tion de l’en­vi­ron­nement opéra­tionnel. ART est disponible en Gen­er­al Pub­lic Release.

Engi­neer­ing DOUG Graph­ics for Explo­ration (EDGE) MSC-24663–1 est un logi­ciel de ren­du graphique 3D en temps réel basé sur le moteur Dynam­ic On-board Ubiq­ui­tous Graph­ics (DOUG). Il com­bine les élé­ments clés des out­ils logi­ciels dévelop­pés pour le pro­gramme de la navette spa­tiale et la Sta­tion spa­tiale inter­na­tionale (ISS) et les adapte à l’in­té­gra­tion à d’autres sim­u­la­tions. L’outil per­met une inté­gra­tion directe avec le NASA Trick Sim­u­la­tion Envi­ron­ment.

Cri­sis Map­ping Toolk­it (CMT)- ARC-17472–1. La trousse à out­ils de car­togra­phie des crises (CMT), sous licence Apache 2, per­met de traiter les don­nées géospa­tiales (images, don­nées satel­lites, etc.) en pro­duits car­tographiques pour faciliter la com­préhen­sion des crises à grande échelle comme les cat­a­stro­phes naturelles. Le CMT s’ap­puie sur Google Earth Engine (EE) pour une grande par­tie de son traite­ment des don­nées. Les pro­duits car­tographiques pro­duits par CMT com­pren­nent des cartes d’i­non­da­tion, c’est actuelle­ment le prin­ci­pal usage qui en a été fait.

Vous pour­rez aus­si tester un jeu de sim­u­la­tion de ges­tion de la sta­tion spa­tiale ISS: Sta­tion Space­walk Game.

Le livre vous pro­pose ain­si de nom­breuses pos­si­bil­ités de tests, peut-être faut-il créer sa struc­ture aux states pour prof­iter pleine­ment de cette offre? Oui, car la plu­part des élé­ments restent en “U.S. Release Only”. De fait, vous aurez beau faire un request, il vous fau­dra une adresse cer­ti­fiée aux USA… Et pass­er par un pote, c’est l’ex­pos­er au mieux à une infrac­tion com­mer­ciale, au pire à un trans­fert de tech­nolo­gies et haute trahi­son… Bon, on ne s’en­flamme pas. Voyons déjà ce qu’il est pos­si­ble de tester.

Tout d’abord, il faut créer un compte à cette adresse, c’est rapi­de et indo­lore.

Ensuite, j’ai choisi dans le dossier un logi­ciel en “Open Source”:

Je reprend le code à droite “ARC-16805–1” et je l’en­tre dans le for­mu­laire, rubrique “soft­ware”:

Je clique sur le lien et j’ar­rive sur :

Je clique sur “Down­load Now!” et j’ar­rive sur cette page que vous pou­vez directe­ment aller voir !

Oui, alors au final, c’est une sorte de gros por­tail qui référence plusieurs logi­ciels et brevets. Pour l’Open Source, c’est quand même bien parce qu’on ne pense pas for­cé­ment à aller voir directe­ment dans les labos, uni­ver­sité ou autres… Par con­tre, pour d’autres pro­jets, il faut faire un “Request !” — et là, selon le cas, il fau­dra argu­menter.

Au delà de ces lim­i­ta­tions, vous vous ren­dez compte du poten­tiel de ce qui s’of­fre à nous ? C’est extra­or­di­naire… c’est… et puis zut, y‑a vrai­ment trop de choses à voir ! Non, franche­ment, tout dépend de vos cen­tres d’in­térêts, mais vous avez vu les miens ? Si vous lisez ce texte, c’est que vous partagez au moins l’une de mes pas­sions et nor­male­ment cette annonce devrait vous faire l’ef­fet d’une bonne porte en chêne pris en pleine tête. Vous vous dites: c’est clair c’est génial, mais com­ment vais-je pren­dre con­nais­sance de tout ça ? Pour ma part, j’en­vis­age peut-être d’écrire un livre sur la ques­tion: “les tech­nos Open Source de la NASA”. Est-ce que cela vous dirait ? A défaut, je par­lerai sur ce blog d’un des softs de temps en temps.

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