Reprenons le contrôle sur les technologies du quotidien !

Il m’arrive sou­vent de déplor­er que nous n’utilisons pas nos ordi­na­teurs de la bonne façon, que cela soit notre smart­phone, notre tablette ou notre poste de bureau. La plu­part du temps, nous nous con­tentons d’utiliser des logi­ciels cou­vrant nos besoins quo­ti­di­ens pour com­mu­ni­quer, partager de l’information, tra­vailler… on retouche à peine ses pho­tos, on fait quelques mon­tages vidéo de nos vacances… on utilise un logi­ciel pour gér­er son bud­get, établir sa généalo­gie ou faire les plans de l’aménagement de sa cui­sine. Et ça, ce sont les util­i­sa­tions les plus avancées… On imag­ine sou­vent qu’un pro­gram­meur, c’est quelqu’un qui automa­tise tout, qui trou­ve une solu­tion à chaque prob­lème sous la forme d’un logi­ciel, même quand à l’origine ce n’est pas un prob­lème infor­ma­tique. Et il est vrai qu’il y a une quar­an­taine d’années, c’était assez vrai. En même temps, il n’y avait pas inter­net dans chaque foy­er et tout un tas de logi­ciels qui cou­vrent les besoins les plus courants… voire quelques fois les plus exo­tiques. Aujourd’hui, un développeur tra­vaille rarement pour lui-même. C’est un méti­er, et cha­cun s’est spé­cial­isé de façon à être très bon dans un domaine par­ti­c­uli­er, qui intéresse l’entreprise, mais qui ne lui apporte bien sou­vent rien sur un plan per­son­nel.

Il est temps pour moi d’assumer ma part de respon­s­abil­ité. Le plus sou­vent, sur ce blog, je vous présente une tech­nolo­gie, un logi­ciel… quelques astuces pour com­mencer son appren­tis­sage… pré­sumant qu’il y a un besoin à la base – et que vous avez un min­i­mum de com­pé­tences pour com­pren­dre ce que je vous dit, et ensuite, tir­er par­tie de l’aide que vous donne pour démar­rer votre étude. Et ce faisant, je laisse sur le car­reau la plu­part d’entre-vous… qui ne com­pren­nent tout sim­ple­ment pas le besoin d’apprendre telle ou telle chose… de con­naître ce lan­gage ou cette librairie. Et c’est nor­mal… mes arti­cles vont intéress­er celui qui a déjà un besoin par­ti­c­uli­er et qui n’a pas trou­vé de solu­tion adéquate dans l’immédiat.

Ce n’était pour­tant pas le cré­do de mon blog au départ. Je voulais partager ma pas­sion, au plus grand nom­bre, mais sans sac­ri­fi­er le con­tenu. C’était peut-être un doux rêve, mais je prends con­science aujourd’hui que je n’ai pas pris le prob­lème dans le bon sens. Je ne vous ai pas mon­tré ce que, dans mon idéal, devrait être un bon pro­gram­meur – c’est à dire celui que j’ai défi­ni plus haut. C’est quelqu’un qui as certes des con­nais­sances et un savoir-faire, dis­pose d’une boite à out­il dont il sait se servir, mais surtout, qui passe son temps à dévelop­per des out­ils, des scripts, des solu­tions, pour gag­n­er du temps, pour gag­n­er en qual­ité de vie, pour faire les choses mieux et plus vite, pou­voir appli­quer une cer­taine scal­a­bil­ité dans sa démarche. Bien enten­du, il ne passe pas son temps à réin­ven­ter la roue ! Il sait aller chercher ce dont il a besoin dans cette immense mag­a­sin qu’est inter­net, mais il sait aus­si adapter le code, reli­er les out­ils, refon­dre le tout en fonc­tion de ses besoins. Et pour ça, la spé­cial­i­sa­tion, ça n’aide pas

De fait, je me dis que cela fait longtemps que je ne cor­re­spond plus à ce pro­fil là moi non plus. Ai-je arrêté d’être un pro­gram­meur ? Vous avez-vu, j’évite d’utiliser le terme « développeur »… trop con­noté, trop… beurk. Mais par pitié, ne dites pas “pro­gram­ma­teur” svp ! De temps en temps il m’arrive de pren­dre une journée ou deux pour créer un out­il dont j’ai besoin et qui va me faire gag­n­er du temps. Il y a encore quelques jours, j’ai pris du temps pour faire une passerelle entre une bou­tique et un LMS pour automa­tis­er la créa­tion de comptes et leur ges­tion. Je n’ai pas ter­miné, mais c’est rare que je m’autorise une telle chose. J’avais créé aus­si il y a quelques mois une appli pour m’aider dans la créa­tion de vidéo sur youtube, pour automa­tis­er une par­tie de la démarche, une autre pour faire un peu de domo­tique chez moi à dis­tance… Sur un an, cela doit cor­re­spon­dre à 3 ou 4 jours de tra­vail. C’est fort peu. La rai­son que j’évoquerais pour le dis­culper, c’est que tout va très vite, que tout change trop vite, que je n’ai pas le temps d’investir du temps main­tenant, sans être cer­tain de le récupér­er ensuite… Mais c’est assez hyp­ocrite en réal­ité. C’est juste qu’il me faut un coup de pied aux fess­es que je ne me donne pas assez sou­vent. Paresse, fatigue… en retard de partout et sur tout. Qui trop embrasse mal étreint, je le sais fort bien: je pra­tique beau­coup.

Qu’est-ce que j’essaye de vous dire ? J’en tire des con­clu­sions pour moi-même, mais aus­si des recom­man­da­tions pour vous. D’une part, en ce qui me con­cerne, je vais arrêter de « col­lec­tion­ner » des con­nais­sances et du savoir-faire, sans avoir de pro­jet direct en tête, c’est à dire “poten­tielle­ment utile”. C’est une course sans fin, mais aus­si rel­a­tive­ment stérile. Bien enten­du, je vais rester ouvert à la veille et aux tests, tant qu’ils restent raisonnables (au max, quelques heures pour appro­fondir un sujet). Être con­sul­tant, don­ner des con­seils, cela fait par­tie de mon méti­er et de ce que j’aime faire. Je vais davan­tage me laiss­er guider par mes besoin et rechercher une façon d’y répon­dre. Je vais donc com­mu­ni­quer d’avantage en ce sens, et pro­pos­er des ate­liers pra­tiques sur cette base. Je vous ai par­lé d’Haxe dans un arti­cle précé­dent. Je ne vous pro­poserai pas un ate­lier d’initiation à Haxe… Même si je n’en ai trou­vé aucun de bien réal­isé et que la doc­u­men­ta­tion est assez faiblarde quoi qu’on en dise. Mais peut-être je serais amené à vous pro­pos­er d’utiliser Haxe dans un cadre bien pré­cis… Je n’ai aucune idée der­rière la tête en vous dis­ant cela, ce n’est qu’un exem­ple. Peut-être je n’utiliserais jamais Haxe ni Armory3D. Com­ment repren­dre le pou­voir sur nos appareils du quo­ti­di­en ? Com­ment les exploiter au mieux, les « hack­er » de telle façon à ce qu’ils répon­dent mieux à nos attentes. Voici mon nou­veau cré­do.

Et pour vous, quels sont mes con­seils ? Ne cherchez pas à appren­dre telle ou telle chose juste pour « savoir le faire ». Tout ce que vous aurez appris ne sera peut-être plus utile dans 5 ans. Com­bi­en de per­son­nes aujourd’hui appren­nent Uni­ty ou Unre­al Engine pour savoir faire des jeux, mais sans appren­dre à faire des jeux en réal­ité ! Sou­vent, ils vont faire un joli lev­el, quelques FX, une amorce de game­play… et voilà — pas de jeu. Et dans 5 ans, il fau­dra réap­pren­dre peut-être sur un autre moteur, ou réap­pren­dre une par­tie des tech­niques acquis­es… On s’est attaché à la forme et non au fond — faire du jeu, c’est appren­dre le game design, le lev­el design, le sto­ry­telling… c’est pas unique­ment appren­dre à savoir se servir d’un édi­teur 3d et créer une classe C#. Ori­en­tez d’avantage votre appren­tis­sage en fonc­tion de vos besoins. Sachez décou­vrir vos besoins car ce n’est pas évi­dent : on est telle­ment habitué à être des util­isa­teurs qu’on en oublie sou­vent d’être les pre­scrip­teurs ! Imag­inez les solu­tions, faites des recherch­es actives de solu­tions exis­tantes, apprenez à join­dre des out­ils, des librairies entre-elles… Tra­vaillez de façon inverse : en « dépi­lant ». A chaque incon­nue, on empile « une recherche à faire » ou « une con­nais­sance à acquérir ». Et quand on arrive au bout, on retire le dernier de la liste, on l’étude, ou apprend ce qui nous manque… en empi­lant de nou­velles choses. La tech­nique est sec­ondaire ! Sachez deman­der de l’aide à ceux qui savent… créez votre réseau de com­pé­tences – ren­dez leur ser­vice pour qu’ils daig­nent aus­si vous aider le moment venu. C’est ain­si qu’on apprend et c’est vrai pour presque tous les domaines. Même si vous n’êtes pas un as des algo­rithmes, de la logique formelle, que vous ne con­nais­sez aucun lan­gage… rien n’est insur­montable quand on en éprou­ve l’envie. Et l’envie, ça vient avec le besoin. Il faut avoir quelque chose à gag­n­er pour accepter de sac­ri­fi­er temps et énergie. Voilà, c’était mon ser­mon du dimanche !

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