Réflexion “Que savons-nous du monde qui nous entoure”

Que savons-nous du monde qui nous entoure ? Que savons-nous de nous-même ?

Suggestion sociale et programmation biologique

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La société nous préex­iste : elle nous donne notre nom, notre exis­tence sur papi­er, de nom­breuses insti­tu­tions nous pren­nent en charge (d’au­tant plus avec l’E­tat-prov­i­dence), elle nous dis­ci­pline sur les bancs d’é­cole etc., elle affirme sur nous un biopou­voir (Fou­cault), elle nous livre aux objets cul­turels (lan­gage, pra­tiques manuelles etc.).

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La soci­olo­gie de l’in­di­vidu (Kauf­mann, Lahire, Cor­cuff, Singly etc.) insiste assez sur ces héritages qui font de nous des endet­tés de la vie sociale. Nous intéri­or­isons tout au long de notre for­ma­tion les con­traintes imposées par notre rap­port aux autres et accep­tons les con­traintes pour une vie en com­mun qui nous per­met de con­serv­er et de repro­duire notre exis­tence. A cause de tout cela, nous ne pou­vons avoir un regard objec­tif sur nous même car cela pour­rait heurter notre morale ou bien cho­quer notre van­ité. Si par exem­ple nous regar­dons une fil­lette de 13 ans et que nous sommes pris d’un désir très fort, nous aurons ten­dance à le refouler car cela n’est pas con­forme à l’idée que l’on se fait de soi au sein d’une société dotée d’une morale qui con­sid­ère qu’une fil­lette de 13 ayant tous les attrib­uts d’une femme, n’en reste pas moins un enfant. Il est vrai que sur un plan men­tal nous avons là une enfant, mais notre biolo­gie n’en n’a que faire.

Notre besoin sex­uel est dénué de tout code moral et le viol de cette gamine ne con­stituerait alors que la sat­is­fac­tion d’un besoin naturel de repro­duc­tion. Sur un plan psy­chologique, cette gamine garderait cer­taine­ment les séquelles de cet acte bar­bare toute sa vie, tout en con­sti­tu­ant un hand­i­cap qu’elle ne sur­mon­terait prob­a­ble­ment jamais dans sa rela­tion avec autres et sa sex­u­al­ité. Elle con­t­a­min­erait cer­taine­ment même ses pro­pres enfants d’une façon ou d’une autre et ruin­erait sa vie de cou­ple à terme. Tant de des­tins gâchés par ce que notre biolo­gie fait de nous des ani­maux et non des hommes.

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Notre biolo­gie nous con­di­tionne : nous por­tons en nous un héritage géné­tique dans lequel est codé de le développe­ment de notre psy­ché, ce qui explique prob­a­ble­ment pourquoi dans un groupe d’in­di­vidus proches géné­tique­ment (de même race par exem­ple, si cela a encore un sens à notre époque), les sym­bol­es, les arché­types, sont sen­si­ble­ment les mêmes, en dehors de tout enseigne­ment, de toute pres­sion cul­turelle et religieuse.

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Notre psy­ché elle même con­tient en son sein un enne­mi sécu­laire, un étranger qui dans l’om­bre a la plus grande des influ­ences sur nous même : notre incon­scient. Pourquoi aimons-nous la glace à la fraise ? Pourquoi cela nous fait-il plaisir de rester au soleil à ne rien faire ? Pourquoi sommes nous extrême­ment ten­dus à la vision d’une araignée ou d’un ser­pent ? La rai­son est prob­a­ble­ment biologique ou issus d’un sou­venir ances­tral, sorte de mémoire géné­tique du temps où par exem­ple les araignées représen­taient peut-être un dan­ger impor­tant pour les habi­tants des grottes que nous fumes ?

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Mais nous n’en avons pas con­science directe­ment, seule l’é­mo­tion reste per­cep­ti­ble et nous nous iden­ti­fions à elle, quant elle ne prend pas totale­ment le con­trôle de notre corps comme avec les réflex­es. Lorsqu’un homme et une femme ont un coup de foudre, à quel point la géné­tique en est-elle respon­s­able ?

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Des études récentes mon­trent à quel point le choix de son parte­naire sex­uel est influ­encé par le besoin d’un bras­sage géné­tique fort. La pas­sion amoureuse, se sen­ti­ment inde­scriptible qui sem­ble échap­per à toute logique, révèle ici toute sa sub­stance : cela nous échappe car ce n’est pas nous qui au fond déci­dons de notre parte­naire, mais bel et bien notre incon­scient. Gageons toute­fois que ce choix ne se lim­ite pas à cela et qu’il inclut un autre fac­teur lié à l’an­i­ma et au besoin de se décou­vrir au tra­vers de l’autre, sorte de par­o­die du mariage alchim­ique.

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Nous venons donc de con­stater que la biolo­gie et la société nous ont con­di­tion­né à être ce que nous sommes, c’est à dire, les acteurs d’un sys­tème qui con­fondent leur rôle et leur per­son­nal­ité pro­fonde.

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Alors qui sommes nous en réal­ité en dehors de ce con­di­tion­nement ? Pou­vons nous le savoir réelle­ment ? Des robots, oui pas loin… Des four­mis évoluées prob­a­ble­ment. Nous sommes des pro­grammes évolués qui tour­nent sur de fan­tas­tiques ordi­na­teurs biochim­iques. Oui, nous ne sommes que cela à par­tir du moment où nous ne faisons que répon­dre aux stim­uli de notre envi­ron­nement sur la base de notre mémoire des choses, et que nous nous con­tentons de répon­dre favor­able­ment aux besoins de notre corps. D’une cer­taine façon, on peut dire que la des­tinée existe en effet. Mais nous ne sommes pas que cela. Le fait d’avoir pu pro­duire cette réflex­ion le prou­ve. La prise de con­science de cet état hyp­no­tique dans lequel nous vivons n’est pas suff­isante pour effac­er la sug­ges­tion, mais c’est une pre­mière étape. Un pro­gramme capa­ble de se chang­er lui même dans des pro­por­tions impor­tantes et de com­pren­dre la teneur de son code jusqu’à faire l’ab­strac­tion de ce qu’il pour­rait pro­duire, peut être qual­i­fié de réelle­ment con­scient. La véri­ta­ble ques­tion reste : que seri­ons-nous si nous pou­vions échap­per à ces dif­férentes sug­ges­tions qui font de nous des pos­sédés, des ensor­celés, des zom­bies en puis­sance ?

Que savons-nous du monde ? Que con­naît le pois­son de l’eau dans laque­lle il nage ? Out­re le fait que nous ne con­nais­sons du monde que ce que nos per­cep­tions nous invi­tent à con­naître, ain­si que grâce à de fan­tas­tiques out­ils sci­en­tifiques qui per­me­t­tent de décu­pler ces per­cep­tions au tra­vers des abstrac­tions formelles, nous pour­rions tout sim­ple­ment être une pure pen­sée dans un monde entière­ment simulé par notre psy­ché. Rien ne dit que je suis là assis dans mon lit avec mon ordi­na­teur portable à align­er des mots devant un écran à 1H30 du matin. Je pour­rais imag­in­er tout cela. Cepen­dant, c’est un débat qui ne m’in­téresse pas ici car je con­sid­ère que même si le monde est simulé par notre psy­ché, même si je suis le seul à exis­ter et que rien d’autre n’est (solisme), cette sim­u­la­tion reste une réal­ité psy­chologique. Et c’est cette réal­ité qui m’in­téresse aujour­d’hui. Cepen­dant, le monde n’est peut-être absol­u­ment pas comme le décrit les livres, comme l’en­seignent les pro­fesseurs et comme le dépeignent les médias. Il est peut-être très éloigné de tout cela. Tout ce que je sais c’est qu’un jour j’ai pris con­science au sein d’un groupe d’êtres humains qu’on m’a désigné comme par­ents, amis des par­ents, famille, voisins, etc.

Cer­tains êtres me ressem­blaient et d’autres étaient man­i­feste­ment plus grands. On m’a très vite envoyé dans un lieu où je devais obéir à d’autres règles et expéri­menter la com­mu­ni­ca­tion avec d’autres êtres, favorisant ain­si mon esprit de com­péti­tion et de groupe. On m’a enseigné que pour vivre je devais avoir de l’ar­gent. Que pour avoir de l’ar­gent, je devais en gag­n­er. Pour cela, je devais tra­vailler et cap­i­talis­er. Je sim­pli­fie à l’ex­trême mais cela ne change pas le fond des choses. On m’a mon­tré par de mul­ti­ples exem­ples que le bon­heur se trou­vait dans la recon­nais­sance sociale, dans l’ar­gent et dans la con­sti­tu­tion d’un foy­er. Mais tout cela est-il vrai ? Est-ce que mon bon­heur à moi se trou­ve réelle­ment là ? N’est-ce pas une illu­sion des­tinée à égren­er les heures de mon exis­tence ?

De l’intérêt de se connaître réellement

Nous ne savons rien du monde dans lequel nous vivons et notre pro­pre con­science reste pour nous une énigme insond­able. Pour­tant, chaque jour nous prenons des déci­sions en fonc­tion des sou­venirs que nous avons, de notre ridicule expéri­ence accu­mulée, des pen­sées que nous avons figées mal­adroite­ment. Et nous filons tout droit vers l’in­con­nu… N’est-ce pas totale­ment irre­spon­s­able de notre part ? Que pou­vons-nous y faire de toute façon ? Nous pou­vons désir­er … désir­er nous extraire de toute cette pro­gram­ma­tion afin de révéler ce que nous sommes réelle­ment, ou plutôt, devenir ce que nous souhai­te­ri­ons devenir. Car lorsqu’on prend con­science que nous ne sommes rien de plus que les résul­tats de nos choix, nous pou­vons tout devenir. Comme dans Dark City où le héro prend con­science que son passé est faux et que le monde dans lequel il vit est faux égale­ment, décide alors d’être ce qu’il souhaite et de façon­ner le monde à l’im­age qui lui plait le plus. Libérés de tous ces men­songes, nous pour­rions alors inven­ter notre pro­pre avenir. Reste cepen­dant qu’il y a du bon dans l’esclavage. Nous n’avons qu’à observ­er le monde avec le fil­tre de notre con­science pour que celui-ci soit sim­pli­fié à l’ex­trême. Nous pou­vons con­tin­uer ain­si à avoir des com­porte­ments destruc­teurs tout en nous récon­for­t­ant au sein d’une morale puri­taine. Qui pense en mangeant un steak que sans la pro­duc­tion de ce dernier nous auri­ons pu pro­duire d’a­van­tage de céréales afin de nour­rir dix fois plus de per­son­nes ? Qui pense à la souf­france psy­chique de cet ani­mal à l’ap­proche de l’a­bat­toir ? Qui pense que si nous sommes bien au chaud dans nos chau­mières, ce n’est pas parce que nous sommes plus courageux que les africains, mais que nous avons eu la chance de naître du bon coté de la fron­tière et que les gou­verne­ments précé­dents ont réus­si à désta­bilis­er les états africains afin de pou­voir com­mercer avec de meilleures marges ? On préfère vivre avec des oeil­lères car la vie serait dif­fi­cile à sup­port­er sinon, ou plutôt parce que si nous souhaitions être sincères avec nous même, nous seri­ons oblig­és de pren­dre de nou­velles déci­sions et ori­en­ta­tions qui boule­verseraient notre vie et notre con­fort. Et cela, c’est une étape très dif­fi­cile à pass­er.

Je crois qu’il serait illu­soire de penser qu’un jour nous pour­rons nous débar­rass­er des sug­ges­tions sociales et biologiques dont nous sommes pour le meilleur et pour le pire les vic­times. D’ailleurs, il n’y aurait plus de place sur Terre que pour un seul être, les autres devenant alors sources de con­flit, de com­pro­mis et donc, de lim­i­ta­tion de notre pro­pre lib­erté. Tel est le rôle de la pro­gram­ma­tion sociale. Si nous nous libéri­ons totale­ment de notre pro­gram­ma­tion biologique, nous n’au­ri­ons prob­a­ble­ment plus de rai­son d’être car nous n’éprou­ve­ri­ons plus aucune émo­tion. La vie représen­terait alors un fardeau dont nous chercheri­ons à nous libér­er. D’ailleurs, renier sa nature n’est pas une façon de s’en libér­er, mais plutôt d’en devenir l’esclave. Com­pren­dre, accepter, dériv­er, amélior­er, cul­tiv­er ce qu’on appré­cie et bal­ancer ce qui est devenu inutile (comme la peur des araignées, ou le désir de com­pléter son ego de façon sys­té­ma­tique avec des élé­ments externes comme la cul­ture et les col­lec­tions divers­es), com­pos­er avec ce qui est et demeure — ça c’est une façon d’obtenir la lib­erté.

Que devons nous faire alors ? La nature a fait de nous des hommes, et la société des êtres humains en devenir. Le stade final n’est pas encore atteint: l’hu­man­ité n’est que bal­bu­tiante. Nous avons tourné notre regard vers l’ex­térieur trop longtemps. Nous devons appren­dre à coex­is­ter ensem­ble, mais aus­si avec les autres habi­tants de cette planète, ces autres êtres plus ou moins sem­blables dont cer­tains sont fait de chairs, et d’autres de sève. Nous devons appren­dre à vivre sans cham­bouler notre écosys­tème ou même l’épuis­er. Nous devons com­pren­dre égale­ment qu’un virus tel que l’hu­man­ité ne doit pas tuer son hôte en pro­liférant de façon trop impor­tante, car il sign­erait égale­ment son arrêt de mort. Nous devons explor­er d’a­van­tage ce qui existe au fond de nous afin de mod­el­er notre avenir et éloign­er le risque de la destruc­tion. Nous sommes actuelle­ment en mesure de nous exter­min­er de façon mas­sive et défini­tive et notre nature nous aurait mille fois con­damné s’il n’ex­is­tait pas dans le monde des êtres encore plus humains qui eux, ont réus­sit à dépassé ce stade infan­tile de la colère, de l’avarice et autres pêch­ers cap­i­taux dénon­cés tant de fois comme étant les racines du mal, mais qui sont pour­tant des pen­chants très naturels. Qu’est-ce qui a de plus naturel que la lux­u­re par exem­ple ? La recherche du plaisir n’est elle pas un acte naturel. C’est parce que cer­tains ont com­pris (peut-être d’ailleurs en fréquen­tant les extrêmes comme le mar­quis de sade) que la recherche du plaisir entraî­nait une insat­is­fac­tion per­ma­nente entraî­nant le sujet à met­tre la barre tou­jours plus haut jusqu’à rechercher la jouis­sance au tra­vers de la dom­i­na­tion, de la soumis­sion, de la recherche des inter­dits les plus féro­ces (du viol au meurtre en pas­sant par la tor­ture), de l’orgie dionysi­aque ou l’on quitte son corps pour faire par­tie d’un tout, mélange absurde de plusieurs mem­bres et corps entassés, enlacés, mélangeant leurs flu­ides, et où l’e­sprit laisse place au vide absolu de la soumis­sion la plus totale à une autre entité for­mée par tous les par­tic­i­pants. L’in­stinct gré­gaire prob­a­ble­ment… Il faut pou­voir visu­alis­er cela pour com­pren­dre que la lux­u­re n’est pas mal en soi, mais qu’elle est la source de maux les plus vils et serviles. Com­pren­dre par exem­ple que l’héroïne est la source de grands plaisirs, mais qu’elle entraîne le sujet vers la mort après addic­tion, peut per­me­t­tre d’éviter d’en pren­dre. Ce que nous pour­rions reprocher peut-être à ces grands esprits qui nous ont aver­tis des dan­gers qui nous guet­tent au tra­vers des dogmes et codes moraux, c’est cer­taine­ment de ne pas avoir su nous expli­quer pourquoi. Mais peut-être faut-il une forte capac­ité d’ab­strac­tion pour réus­sir à utilis­er l’ex­péri­ence des autres et l’in­té­gr­er comme sa pro­pre expéri­ence ?

Il faut donc réus­sir à expéri­menter toute cette sagesse accu­mulée, et ten­ter de la com­pléter par sa pro­pre expéri­ence. Renonçons à tout dogme, à tout Dieu ayant lais­sé des paroles ou des écrits, à toute doc­trine poli­tique. Dou­tons de tout ce que nous avons appris. Apprenons à con­naître notre fonc­tion­nement, à l’in­star de l’in­jonc­tion del­phique, con­nais­sons-nous nous-même et nous con­naîtrons l’u­nivers des Dieux ! C’est à dire le notre, ou plus pré­cisé­ment, le Dieu que nous pour­rions être car chemin et but se con­fondent ici. Et pourquoi feri­ons-nous tout cela ? Parce que notre nature nous pousse à rechercher la puis­sance et que la puis­sance réside dans notre poten­tiel à exploiter tous nos pou­voirs, qui sont en som­meil car incom­pat­i­bles avec l’e­sprit infan­tile qui est le notre. Sans le gar­di­en du seuil, nous nous seri­ons exter­minés. C’est le cadeau de la nature que d’avoir bridé nos capac­ités, comme on bride le moteur d’un con­duc­teur du dimanche. Seul un bon pilote ne se tuera pas ou ne blessera autrui en util­isant toute la puis­sance de sa machine.

Quelle serait donc cette puis­sance ? Un mémoire illim­itée et par­faite, une capac­ité sur­na­turelle au cal­cul men­tal (comme chez les cal­cu­la­teurs prodi­ges), un con­trôle total de son corps (jusqu’au con­trôle de ses pul­sa­tions car­diaques, jusqu’à pou­voir con­trôler le taux de sang qui passe dans un organe, ou syn­thé­tis­er à la demande une hor­mone sans même savoir sci­en­tifique­ment à quoi elle sert) per­me­t­tant cer­taine­ment de ne jamais être malade et de ne pas con­naître la vieil­lesse, une capac­ité de con­cen­tra­tion illim­itée, une con­nais­sance des sym­bol­es, de leur sig­ni­fi­ca­tion et de leur action sur autrui per­me­t­tant de manip­uler les autres avec une totale aisance, une con­nais­sance innée issue de la mémoire du corps, une acuité accrue de tous nos sens (meilleure vision, meilleure odor­at, ouie, touch­er et goût), une capac­ité tout aus­si sur­na­turelle à prévoir les événe­ments à venir, à utilis­er son cerveau comme un gros ordi­na­teur en lui com­mu­ni­quant des pro­grammes com­plex­es, … Je ne peux qu’en­trevoir l’im­mense poten­tiel de notre puis­sance, dont la plus impor­tante serait peut-être de ne jamais faire de choix entraî­nant notre mal­heur et ain­si, d’être con­stam­ment heureux. Mais là encore, c’est un esprit lim­ité qui pense cela car que serait le bon­heur sans le mal­heur ? La vie sem­ble tir­er son énergie des para­dox­es, du mélange des con­traires. Pourquoi rechercher cette puis­sance ? Afin de ne jamais avoir à l’u­tilis­er autrement que pour ne pas se sous­traire la bar­barerie des autres hommes, ne pas être une vic­time sans devenir un bour­reau.

Comment atteindre cette connaissance ?

Tout cela ressem­ble fort au principe d’in­di­vid­u­a­tion de Jung. Ce dernier abor­de cet aspect au tra­vers de l’analyse des rêves et de leurs sym­bol­es. Pour Freud, le rêve est la voie royale vers l’in­con­scient. Il sem­ble que cette prise de con­science pro­gres­sive des matéri­aux incon­scient soit l’une des étapes vers le proces­sus d’in­di­vid­u­a­tion. Mais si notre incon­scient n’établit pas pré­cisé­ment ce dia­logue durant la nuit, que pou­vons nous y faire ? Méditer sur cer­tains sym­bol­es et man­dalas en atten­dant que l’in­con­scient prenne le relais ? Je ne sais pas si cela serait effi­cace. Cer­tains utilisent des drogues hal­lu­cinogènes afin de son­der leur esprit (comme Aldous Hux­ley dans les portes de la per­cep­tion). D’autres vont subir de lourds régimes ali­men­taires, de pri­va­tion en tout genre et de tor­ture du corps afin de pro­duire les mêmes effets. D’autres encore vont ten­ter d’ap­procher ces états exta­tiques au tra­vers d’une secte, de la reli­gion et de divers­es prières et médi­ta­tions…

Tout cela me rap­pelle une his­toire qui n’a prob­a­ble­ment jamais existée mais qui a le mérite d’être démon­stra­tive. Il était une fois un vieux sage qui s’é­tait enfer­mé durant un an dans une grotte sans don­ner signe de vie. Les habi­tants du vil­lage le croy­aient mort. Au bout d’un an, il sor­tit et sem­blait ray­on­ner de bon­heur. Il sem­blait être doté de dons suprana­turels, pou­vait guérir les corps et âmes des habi­tants du vil­lage et avait une con­nais­sance innée des mys­tères de la nature. Ain­si, un groupe de jeunes indi­vidus qui souhaitaient com­pren­dre comme le vieux sage avait atteint ce niveau, entrèrent dans la grotte et décou­vrirent de nom­breux sym­bol­es inscrits sur les parois de la grotte. Ain­si, ils for­mèrent un mou­ve­ment religieux dans lequel l’aspi­rant devait pass­er une année à con­tem­pler les parois de la grotte afin d’obtenir le grade de “sciant”. Le vieux sage obser­vait tout cela avec humour et se dit que ses nou­veaux adeptes ne se feraient pas grand mal à étudi­er tout cela. Dans le groupe, un des aspi­rants sem­blaient plus intel­li­gent que les autres et ne com­pre­nait pas pourquoi il fal­lait observ­er ces parois pour obtenir une plus grande sagesse. Ain­si, le vieil homme le pris un jour à part et lui dit : “Per­son­ne ici n’at­tein­dra mon niveau en mimant ce que j’ai fait dans la grotte. Il faut que tu sach­es une chose, la con­nais­sance de toi même, tu ne la trou­veras pas en dehors de toi. Tu dois explor­er ton intérieur et ten­ter de le déchiffr­er. Ces sym­bol­es, vois-tu, je les ai dess­inés. Je ne les ai vu nulle part autre que dans mes médi­ta­tions. Je n’ai fait que repro­duire ce qui était en moi afin de com­pren­dre ce que tout cela voulait bien dire. J’ai ain­si réal­isé qu’une par­tie de moi qui me sem­blait étranger ten­tait vaine­ment de com­mu­ni­quer avec moi. A défaut, elle m’en­voy­ait des injonc­tions hyp­no­tiques. Mais j’ai réus­sis à com­pren­dre pro­gres­sive­ment, à décoder ces sym­bol­es et à établir un dia­logue avec ce qui me sem­blait étranger. Quand la con­fi­ance s’est instal­lée, j’ai décou­vert que je m’é­tais trompé toute ma vie. Je n’avais perçu de moi qu’une infime par­tie de ce que j’é­tais. C’est comme si je m’é­tais con­sid­éré toute ma vie comme un ver, et que je m’é­tais décou­vert papil­lon. J’ai cru devenir fou pen­dant un moment, j’avais l’im­pres­sion de devenir quelqu’un d’autre alors que je ne fai­sais que rede­venir moi-même. C’est comme si toute ma vie, je l’avais vécu au tra­vers d’un rôle théâ­tral et que je me décou­vrais en réal­ité un acteur doué. La scène de la tragédie lais­sa place à un monde beau­coup plus vaste et com­plexe et j’ai pu enfin voir, pour la pre­mière fois, la lumière du jour. Voilà toute mon his­toire jeune aspi­rant — rien ne sert de me singer, mais apprend tout sim­ple­ment à te con­naître car ces sym­bol­es sont les miens, et même si nous parta­geons prob­a­ble­ment une par­tie de ces derniers, tu auras cer­taine­ment besoin de plus d’une vie pour emprunter ce chemin qui n’est pas le tiens.”

Après cette his­toire, com­ment con­seiller telle ou telle tech­nique ? Je crois que la meilleure façon c’est de se con­sid­ér­er comme un obser­va­teur de notre pro­pre per­son­ne. Lorsqu’on a peur, il faut se dire : “quelque chose dans mon corps se man­i­feste et cela ressem­ble à de la peur. Mais d’où cela provient-il ?”. Il faut savoir devenir un spec­ta­teur de ses pro­pres réac­tions afin d’en devin­er la cause. Une fois que la cause est com­prise, ce qui n’est déjà pas très sim­ple car de nom­breuses couch­es de ver­nis peu­vent enduire la causse réelle de cette réac­tion, on peut alors ten­ter de trou­ver une alter­na­tive pour com­bat­tre cette réac­tion en réduisant pro­gres­sive­ment son impact sur notre être. C’est du domaine même de la psy­chi­a­trie. Lorsque, par exem­ple, un événe­ment fort est attaché à notre passé et nous gêne pour évoluer, alors il faut revivre régulière­ment la scène afin de dédrama­tis­er l’évène­ment, afin de lui retir­er de l’én­ergie. Il faut égale­ment décou­vrir ses lim­ites en tout domaine afin de trou­ver une façon de les dépass­er. C’est long, douloureux, ça ne se fait qu’au tra­vers de l’ac­tion, mais ça vaut le coup d’es­say­er non ?

Mais là encore, ce ne sont que des mots, et ce n’est pas évi­dent de pass­er aux actes. Quelques fois, on aimerait bien pou­voir pren­dre une déci­sion qui chang­era rad­i­cale­ment le cours de notre exis­tence, comme si une révéla­tion pou­vait tout chang­er… Et on se rend compte que le quo­ti­di­en et les habi­tudes nous rat­trapent et dis­sout cette expéri­ence, en la dilu­ant jour après jour jusqu’à ce que cette réal­ité ne devi­enne plus qu’un songe. Pour vivre vrai­ment, peut-être faut-il appren­dre qu’on est con­damné, qu’on va bien­tôt mourir et cacher à ses proches cette réal­ité pour la garder pour soi. Une façon de les pro­téger, mais aus­si une façon d’obtenir encore quelques moment de vraie vie, sans que tout le monde se mette à pleur­er en nous voy­ant, ou ne tente de nous sur­pro­téger. Les gens ne peu­vent pas réelle­ment com­pren­dre ce qui se passe dans la tête d’un mourant. Il y a tant de choses à faire qu’on n’a pas eu le temps de faire, et telle­ment plus qu’on ne pour­ra jamais faire. On pense à tout ce qu’on a fait et qui restera, à ce qu’on va léguer. Suiv­ant le temps qu’il nous reste à vivre on fait des choix. C’est une façon de se con­stituer des pro­jets quand tous nos rêves volent en éclat. La vie devient absurde sans rêve, alors on s’ac­croche à ce qu’on a. Pourquoi faut-il appren­dre ce genre de chose pour com­pren­dre qu’on n’a jamais réelle­ment fait ce qu’on voulait faire, qu’on a jamais eu le courage en se dis­ant : “plus tard, j’ai le temps”. Pour­tant, nous sommes tous con­damnés à terme. D’i­ci 120 ans tout au plus, toutes les per­son­nes vivant actuelle­ment dans ce monde ne seront plus. J’ai déjà enter­ré tant de per­son­nes et d’êtres chers… Et vous, si vous n’aviez plus qu’un mois, peut-être deux à vivre, que feriez-vous ? C’est une expéri­ence de pen­sée intéres­sante. Pour­tant, même dans ces cas extrêmes, on reste assez fidèle­ment attaché à sa vie de tous les jours. Vivre vrai­ment, avec tout son poten­tiel, sem­ble n’avoir finale­ment aucun sens véri­ta­ble… juste quelques pen­sées avant de s’en­dormir, des pro­jets à long terme … Et puis zut, tout cela est trop dur, pourquoi se pos­er tant de ques­tions ?

Le sens de la vie

Je pense de mon coté que la vie n’a pas plus de sens que celui qu’on lui donne. Je ne crois pas au sur­na­turel bien que je sois con­scient qu’il y a de nom­breux phénomènes naturels qu’on ne com­prend pas. Je ne crois pas en un Par­adis ou un Enfer car je trou­ve cela absurde. Je ne crois pas en une vie après la mort, tout du moins, pas une vie dans le sens courant… Je crois qu’une par­tie de nous survie, mais que cela n’est rien de plus que le reflet de nous au tra­vers de l’hu­man­ité — mais c’est déjà beau­coup. Je ne pense pas qu’une réin­car­na­tion soit néces­saire et dans tous les cas — cela ne m’in­téresse même pas. Nous devons dessin­er notre vie comme un artiste peint un tableau. Nous devons tailler notre per­son­nal­ité comme un sculp­teur extrait une oeu­vre de la Pierre :. Mais tout cela demande telle­ment de courage car il y a de nom­breuses déci­sions dif­fi­ciles à pren­dre, que bien sou­vent, on renonce avant même d’avoir essayé.

Qui se sent réelle­ment en vie ? Sen­tons nous dans notre chair cette énergie qui nous par­coure. Per­son­nelle­ment, c’est quand j’ai mal que je me sens vivre. Quand la douleur me par­cours, quelle soit physique ou men­tale, j’ai l’im­pres­sion que mon corps s’éveille et entraîne en même temps mon âme. N’y voyez aucune ten­dance masochiste, car tout cela n’a rien à voir avec le sexe. Freud dirait cer­taine­ment que c’est parce que j’ai dévié mon énergie sex­uelle vers un autre domaine et il aurait prob­a­ble­ment rai­son. C’est plutôt qu’en dehors de cela, mon corps sem­ble mourir de lui-même, petit à petit. Si je devais visu­alis­er les choses au tra­vers de mon imag­i­na­tion, je ver­rais quelqu’un de tout gris qui de temps en temps s’éveille à la couleur avant de rede­venir tout gris. Cette illu­mi­na­tion des couleurs n’ar­rive pas à tenir car tout l’en­vi­ron­nement est là pour ternir les couleurs. Je pour­rais m’aveu­gler au tra­vers de divers pro­jets car je suis un pas­sion­né. Mais je sais aus­si que tout cela n’est qu’un moyen de me détourn­er de la véri­ta­ble ques­tion : Je n’ex­iste pas véri­ta­ble­ment. Il y a une petite flamme en moi qui de temps en temps grandit et à ce moment là j’ex­iste, mais elle repart au néant très rapi­de­ment. Manger me per­met de lui redonner vie l’e­space d’un instant car de nou­veau je ressent des choses… Et puis, juste après, il meure à nou­veau… C’est peut-être pour cela que j’ai une ten­dance boulim­ique, cela doit être une façon de me tenir en vie. Alors, pour évac­uer toute cette détresse, je gon­fle mon ego en m’a­chetant des livres, en faisant les mag­a­sins, en m’ap­pro­pri­ant les pen­sées d’autrui… Je col­lec­tionne et tout cela sem­ble s’ac­crocher à mon être afin de me grandir. Ain­si, j’ai l’im­pres­sion que je ne m’en­fon­cerai pas dans le sol car il y a tant de choses rat­tachées à mon être que j’ai l’im­pres­sion d’ex­is­ter comme une entité englobant tout cela. Mais ce n’est qu’il­lu­sion ! Ce n’est pas moi : je ne suis pas mon apparte­ment, je ne suis pas ma voiture, je ne suis pas les habits que je porte, je ne suis pas non plus ce site web qui ressem­ble à une exten­sion de ma bouche… Je ne suis rien de tout cela et la preuve en est que si je devais mourir dans l’in­stant — tout cela exis­terait encore sans moi. Quelques fois j’ai envie de courir sous la pluie, de pren­dre mon sac et de tout quit­ter. Mais pour aller où ? Et que vont devenir tous ceux que j’aime. J’ai envie de rester éveil­lé le plus longtemps pos­si­ble pour savoir si le monde con­tin­ue de tourn­er quand les aigu­illes dépasseront les 24 cycles d’heure, et les prochains, et les prochains… J’ai envie de sor­tir dans la rue et de crier à qui veut l’en­ten­dre (et même aux autres) : “Wake Up”. J’ai envie de pren­dre des tiges en aci­er et de me enfon­cer dans la chair pro­fondé­ment jusqu’à hurler de douleur, jusqu’à pleur­er comme un nou­veau né qui prend une pre­mière gorgée d’air. J’ai envie de me bat­tre con­tre toute l’in­jus­tice du monde et de tomber, pour me relever et de retomber, pour encore me relever jusqu’à ce que mort s’en suive afin de pou­voir crev­er en me dis­ant “j’ai essayé, j’ai vrai­ment essayé”. Au lieu de cela, j’écris car c’est plus facile que d’a­gir. Et puis la rai­son trou­ve tou­jours idiot ce qui sort du coeur. Nous sommes prob­a­ble­ment nom­breux à de temps en temps penser cela, mais tout cela reste dans notre tête. Cela agit comme une com­pen­sa­tion car cette vie que nous vivons ne con­corde pas avec notre nature ani­male. C’est une domes­ti­ca­tion qui rend furieux l’an­i­mal qui vit en nous. Je vous dit tout cela au risque de pass­er pour un dément, mais réfléchissez bien à tout cela… Ne reniez pas l’être véri­ta­ble qui vit en vous car c’est cela le début de l’in­di­vid­u­a­tion. Tombez les masques et reprenez des couleurs, car vous n’êtes pas votre pro­fes­sion, vous n’ex­is­tez pas en tant que par­ent d’un tel ou mari d’une telle. Vous n’ex­is­tez pas au tra­vers de votre asso­ci­a­tion human­i­taire… Vous êtes dif­férent de tout cela bien que cela fasse par­tie de vous.

Vous êtes plus grand que tout cela, mais c’est si dif­fi­cile de le percevoir alors que depuis nos pre­miers sou­venirs, nous nous sommes iden­ti­fiés à nos masques et à nos habits. En réal­ité vous êtes mer­veilleux, mais vous ne pou­vez vous en ren­dre compte que lorsqu’un morceau de musique vous arrache une larme, ou que lorsque tout sim­ple­ment vous vous met­tez à fon­dre en larmes devant telle ou telle sit­u­a­tion. A cet instant, vous avez l’in­tu­ition qu’un être mer­veilleux vit en vous… mais c’est vous juste­ment. C’est comme une musique qui douce­ment vous berce. Elle chu­chote dans votre coeur, mais quand vous vous met­tez à l’é­couter, c’est comme si la vie se dévelop­pait en vous. Comme un print­emps qui reprendrait du ter­rain sur un hiv­er glacial. Tout à coup, tout votre être s’éveille et se pare de lumière. Le plus vil de tous les êtres vit avec un coeur de glace. Mais, même s’il se barde de toute la logique du monde afin de le main­tenir dans cet état, un ray­on de lumière fini­ra tou­jours par pass­er et le réchauf­fer afin de lui rap­pel­er ce qu’il est réelle­ment. Car nous sommes tous capa­bles du meilleur comme du pire, telle est notre nature, à la fois créa­trice et destruc­trice, à la fois, être de coeur et être de rai­son, une vie totale­ment para­doxale aux deux extrêmes. Ce petit ray­on de soleil, c’est un virus qui peut con­t­a­min­er tout le monde. Il suf­fit qu’un de nous s’éveille pour réveiller tous les autres autour. N’ayons pas peur de la lumière que nous por­tons en nous.

Que devons nous faire à présent ? Allez vous servir une tasse de thé et fer­mez cet ordi­na­teur… Installez vous dans un endroit calme dans lequel vous vous sen­tez bien, et regardez dehors. Voyez à quel point même un immeu­ble peut être beau. Si vous avez la chance de voir des pas­sants, regardez les et voyez à quel point leur chemin quo­ti­di­en est stu­pide. Tra­vailler pour manger et pour s’a­muser, et s’a­muser pour oubli­er et pass­er le temps. Main­tenant, réfléchissez à tout cela, à tout ce que vous venez de lire. N’en croyez pas un mot ! Tout cela est faux. Cela ne sera vrai que lorsque vous en aurez l’in­time con­vic­tion, que vous aurez expéri­men­té cette réal­ité. Et peut-être d’ailleurs que tout cela n’est vrai que pour moi-même après tout. Ce sont mes sym­bol­es dans ma grotte. Pensez à votre vie, à vos rêves d’en­fant, à tous les com­pro­mis que vous avez fait, aux pro­jets que vous avez repoussés et autres que vous avez aban­don­nés. Est-ce que le bilan de votre vie vous con­vient ? N’y a t‑il rien que vous souhaitiez faire avant de mourir et soyez sincère car un manque de sincérité pour­rait vous tuer ! Avez-vous tout ten­ter pour réalis­er ces rêves avant des aban­don­ner ? Fer­mez les yeux et rap­pelez vous pourquoi tout cela vous fai­sait vibr­er étant plus jeune. Rap­pelez vous à quel point il vous était facile de vous lever après y avoir pen­sé en vous réveil­lant le matin. Et visu­alisez votre réus­site, visu­alisez vous pen­dant et après avoir atteint votre rêve. Visu­alisez le chemin à par­courir et ne lésinez pas sur les détails ! Et quand vous aurez la sen­sa­tion de l’avoir pos­sédé l’e­space d’un instant, ouvrez les yeux et voyez comme tout sem­ble plus lumineux et por­teur d’e­spoir. Finis­sez votre tasse, et, n’y pensez plus, car désor­mais, vous venez de chang­er votre des­tin. Une petite graine a pris nais­sance dans le monde des idées, et elle va grandir afin que vous réal­isiez votre rêve. Tout cela pren­dra le temps qu’il fau­dra, et vous aurez des efforts à réalis­er, de temps en temps, mais vous parvien­drez à la réus­site de votre pro­jet. Et d’une cer­taine façon, vous com­mencerez à vous éveiller.

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Note: j’aimerais ajouter un para­graphe sur notre respon­s­abil­ité en tant qu’être humain. Nous tirons en par­tie notre exis­tence et notre con­science du fait du pat­ri­moine qui nous a été livré par l’hu­man­ité. Nous avons à cet égard une dette immense. Sans ce pat­ri­moine, nous ne seri­ons prob­a­ble­ment pas plus con­scients qu’un chim­panzé. La dif­férence géné­tique si min­ime qui existe d’ailleurs entre l’homme et le singe reflète d’ailleurs cette propo­si­tion. La seule dif­férence est peut-être dans notre capac­ité à for­muler des phras­es, à utilis­er le Verbe. C’est du Verbe qu’a pu naître l’hu­man­ité. La parole a amélioré notre com­mu­ni­ca­tion, mais a aus­si don­né nais­sance au moi que nous con­fon­dons avec nous-même. Quand l’être humain a pen­sé “JE”, il est cer­taine­ment tombé dans le piège le plus som­bre de la créa­tion, s’al­ié­nant ain­si à son pro­pre ego. Cepen­dant, nous sommes en droit de nous deman­der si ce pat­ri­moine a fait notre mal­heur ou notre bon­heur. Un singe est-il plus heureux que nous ? C’est tout un débat philosophique, mais je crois assez en la maxime “heureux le sim­ple d’e­sprit”. La con­quête de la Vérité rime avec la lib­erté, mais aus­si avec la souf­france, je le crains.

J’aimerais égale­ment ajouter quelques mots sur ce que nous sommes réelle­ment. En effet, sommes-nous encore le même qu’il y a vingt ans ? La plu­part des con­sti­tu­ants de notre corps n’est plus et s’est renou­velée pour une bonne par­tie. Nous ne pen­sons plus de la même façon. Notre façon d’ap­préhen­der le monde, mais aus­si nous-même a changé. Que reste t‑il alors de nous ? Notre mémoire… tous nos actes et nos pen­sées accu­mulées… est-ce cela que l’on appelle “Je” ? Et si c’est le cas, que se passerait-il si nous per­dions totale­ment la mémoire ? Est-ce une forme de mort ?

Greg (2005)

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