La Réalité virtuelle plus efficace que les cellules souches et les implants pour soigner les paralysés

Les interfaces cerveau-machine (BMIS pour Bioresearch Monitoring Information System) fournissent une nouvelle stratégie d’assistance visant à rétablir la mobilité chez les patients gravement paralysés qui permet de compléter la réadaptation physique traditionnelle.

En 2014, Juliano Pinto, âgé de 29 ans, présente une paralysie complète sous la poitrine. Des chercheurs du projet Walk Again Neurorehabilitation (WA-NR), du consortium international de recherche à but non lucratif AASDAP, lui ont créé une interface cerveau-ordinateur lui permettant de contrôler un exosquelette robotisé et donc de se mouvoir par ce biais.

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Deux ans plus tard,  ce projet utilise la réalité virtuelle pour aider les gens à retrouver la sensation partielle et le contrôle musculaire des membres inférieurs. Selon une étude publiée le 11 août 2016 dans les rapports scientifiques, les huit patients qui ont participé à l’étude ont récupéré un certain contrôle moteur:

“Quand on regardait le cerveau de ces patients à leur arrivée, nous ne détections pas de signal quand nous leur demandions d’imaginer marcher. Il n’y avait pas de modulation de l’activité cérébrale” a déclaré le Dr Miguel Nicolelis, chercheur principal de l’Université Duke en Caroline du Nord,  dans un des rapports scientifiques du 9 août 2016 “comme si le cerveau avait effacé le concept de mouvement en marchant.”

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Pour réapprendre ce mouvement, les patients ont été placés dans un environnement de réalité virtuelle, où ils ont du utiliser l’activité du cerveau pour contrôler une version avatar d’eux-mêmes afin de le faire marcher autour d’un terrain de football. Leur activité cérébrale est enregistrée par un EEG 16 canaux. Les chercheurs ont utilisé Oculus Rift. Ils ont également conçu un T-shirt à manches longues qui fournir une rétroaction haptique aux avant-bras du patient, en stimulant la sensation de toucher le sol. Les bras ont été traités comme des membres fantômes, se substituant aux jambes afin de tromper le cerveau en lui donnant le sentiment que le patient marchait.

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Une fois que le cerveau a retrouvé la notion de marche, chaque patient est équipé d’un exosquelette conçu sur mesure. L’exosquelette nécessite l’utilisation d’un “chapeau avec des connections” sur la tête, qui capte les signaux et les transmet à un ordinateur dans le sac à dos de l’exosquelette. Lorsque le patient pense à la marche, l’ordinateur active l’exosquelette.

En utilisant cet exosquelette une heure par jour, les patients ont pu raviver leurs nerfs restants pour envoyer des signaux au cerveau, et réactiver un mouvement volontaire et la sensibilité.

Chaque patient a eu besoin d’une période de récupération différente mais tous on vu une amélioration neurologique et ont pu sentir des sensations à nouveau dans la région pelvienne et les membres inférieurs, et ont appris à contrôler certains de leurs muscles, leur vessie et la fonction de l’ intestin pour la première fois depuis de nombreuses années.

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DukeToday décrit l’amélioration : “Une participante, “Patient 1,” de 32 ans, paralysée depuis 13 ans a connu peut-être les changements les plus importants. Au début de la formation, elle était incapable de se tenir, mais au fur et à mesure de l’étude, elle marchait à l’aide d’un déambulateur et l’aide d’un thérapeute. A 13 mois, elle a été en mesure de bouger ses jambes volontairement, tandis que son corps était pris en charge dans un harnais.”

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Bien que les cellules souches et les implants électroniques sont également utilisés pour traiter les paraplégiques, Nicolelis affirme que le cerveau-machine-interface WAP est la moins invasive et la plus efficace pour restaurer le matériel biologique actuellement. À l’avenir, il suggère que les patients pourraient combiner les traitements, subir des interventions chirurgicales de cellules souches, puis en utilisant la formation avec l’exosquelette pour apprendre à marcher.

Cette méthode, protocole clinique appelé Walk Again Neurorehabilitation (WA-NR), n’est toutefois pas applicable dans tous les cas, mais dans 80% des patients diagnostiqués en SCI complète, il reste quelques axones viables traversant le niveau de la SCI, dans ce cas là, cette méthode est très adaptée, ce sont ces axones qui vont travailler.

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