Benoît Sokal, un créateur de jeux issu de la BD

benoit_sokalPlutôt un créatif qu’un tech­ni­cien, Benoit Sokal a su se recon­ver­tir au fil de l’évolution du traite­ment de l’image. « J’ai com­mencé à boss­er quand les ordi­na­teurs n’existaient pas », dira t’il, à une époque où le dessin ani­mé se résumait à Walt Dis­ney. Alors, quand l’outil infor­ma­tique a débar­qué, Benoît Sokal a décidé de se l’approprier, de le con­quérir. Il est par­mi les pre­miers à renon­cer aux couleurs directes pour ses planch­es de ban­des dess­inées, et à utilis­er la col­ori­sa­tion numérique, aujourd’hui mon­naie courante. En 1996, l’image 3D l’hypnotise. C’est décidé, il tra­vaillera dans le jeu vidéo. A la clé : le pro­jet l’Amer­zone.

Son dogme : racon­ter une his­toire en images. De cela, il ne sort pas. Il choisit juste d’explorer de nou­velles pos­si­bil­ités. Au delà du papi­er, le numérique est une révo­lu­tion. La pos­si­bil­ité de se per­dre dans un univers, de se plonger au cœur d’une scène et d’une his­toire, d’user de moyens beau­coup plus prenant que sur le papi­er, fondent son intérêt pour le jeu vidéo. La mai­son d’éditions Cast­er­man le suit, et démarche jusqu’à trou­ver le sou­tien logis­tique néces­saire : Microïds. Ce dernier se charg­era de la tech­nique. L’intérêt de Benoît Sokal pour le réc­it d’aventure le con­duit à faire des jeux du même genre. Son inspi­ra­tion, il la tire du réel, de faits divers, d’exotisme. « Il faut néces­saire­ment puis­er dans sa pro­pre expéri­ence per­son­nelle, que l’on a préal­able­ment digérée, pour pou­voir racon­ter des his­toires ». Et des his­toires, il en a plein la tête.

Dans ses jeux, il veut que l’on puisse « fouiller à droite à gauche ». Ce sera chose faite. Le pari est de dérouler un scé­nario pré­cis tout en per­me­t­tant au joueur de vol­er de ses pro­pres ailes. En quelque sorte, un chemin bal­isé mais très large. En 1999 sort donc son pre­mier jeu : l’Amerzone. Dans cette créa­tion, découlant de qua­tre années de tra­vail, le joueur incar­ne un jeune jour­nal­iste. Lors de l’interview d’un ancien explo­rateur en fin de vie, il se voit con­fi­er le secret d’un œuf pré­cieux et dérobé il y a un demi-siè­cle. Celui-ci le con­jure de par­tir le rechercher, ce qu’il accepte. En par­al­lèle sor­ti­ra en recueil « Le tes­ta­ment d’un explo­rateur », des dessins inédits et sur­prenants qui poussent un peu plus loin les fron­tières de l’histoire.

L’impulsion don­née, Benoît Sokal pour­suit sur sa lancée. En 2002, c’est Sybe­ria qui voit le jour. Encore de l’aventure, cette fois d’Ouest en Est de l’Europe. Au cen­tre, une héroïne séduisante : Kate. Elle se lance elle aus­si dans une quête qu’elle n’aurait pu imag­in­er. Des héros aux per­son­nal­ités chaque fois uniques, et un jeu réus­si qui vau­dront à Benoît Sokal le titre de per­son­nal­ité de l’année aux Phoenix Awards de novem­bre. Le sec­ond volet du jeu sor­ti­ra lui en 2004, et met­tra un point final à l’intrigue, lais­sant aux joueurs la sat­is­fac­tion de s’être pris au jeu.

En août 2003, peut-être par idée d’indépendance, mais surtout par volon­té de met­tre sur pied une vraie struc­ture val­orisant les métiers de l’image, Benoît Sokal crée White Birds Pro­duc­tions. Toutes les formes de tra­vail de l’image y sont représen­tées, et une place par­ti­c­ulière est bien sûr faite au jeu vidéo. Le pre­mier jeu dévelop­pé, dont la sor­tie a eu lieu en avril 2006, se nomme Par­adise. Encore une héroïne, au pseu­do­nyme d’Ann Smith, ayant oublié son véri­ta­ble nom. Amnésique à la suite du crash de son avion, accom­pa­g­née d’un ani­mal qui n’est autre qu’une pan­thère noire, la jeune fille s’engage dans un périple dont elle ne con­naît pas l’issue. Peu à peu, elle va chercher à retrou­ver son iden­tité, à combler le vide de sa mémoire par des sou­venirs sur­gis­sant, en espérant trou­ver la clé de son iden­tité avant qu’il ne soit trop tard. Pour ne pas déroger à la règle, pas moins de qua­tre ban­des dess­inées sont prévues en par­al­lèle.

La suite de l’article: Les grands noms du jeu PC : Benoît Sokal — Jeuxvideo.fr.

Sybe­ria 1 et 2,  le résumé com­plet de l’histoire avant Sybe­ria 3 :

Voir aus­si cette page con­sacrée aux grands noms du jeu vidéo.

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