Autoédition de votre livre

Depuis quelques années, on voit fleurir sur internet un nombre important de livres qui vont du roman, au manuel technique, en passant par les livres de coloriage, tous ayant une particularité : ils sont autoédités. Jusqu’à peu, lorsqu’on souhaitait distribuer son livre, il était nécessaire de contacter un imprimeur, d’acheter un premier stock et de s’occuper des expéditions ; mais avec l’impression à la demande, tout cela n’est plus nécessaire. Si l’on ne s’improvise pas auteur, il est peut-être encore plus difficile de se faire éditeur.

Introduction

Habituellement, nous préférons nous concentrer sur l’aspect fiction des mondes imaginaires, les aspects économiques n’étant pas très drôles à aborder. Rien ne vous empêche d’écrire votre livre et de le partager gratuitement sur une plateforme en ligne, mais on prend goût à écrire, et on aimerait parfois y consacrer la majeure partie de son temps libre… et avoir une reconnaissance. Car en plus, il y a des frais de relecture, création de couverture, voire d’illustrations, de publicité, de salons, etc. Un auteur publié par une maison d’édition touche entre 6 et 12 % de droits. Sur un livre vendu 20 €, cela signifie qu’il va percevoir entre 1,14 € et 2,27 €.

Écoutez cet extrait de l’introduction du dossier du magazine 7 pour avoir une vue d’ensemble du sujet :

Autoéditeur – Édition à compte d’auteur

Un contrat souvent proposé est celui du contrat à compte d’auteur. L’auteur reste propriétaire de tous les droits associés à son œuvre, mais la société d’édition ne prend aucun risque, l’auteur doit supporter les différents coûts, il s’agit juste d’un accompagnement. 

L’autoédité doit tout faire, des corrections à la mise en page, en passant par l’impression, la distribution et la promotion et doit en supporter le coût. L’autoéditeur est un éditeur comme les autres, disposant juste d’un catalogue limité à sa production personnelle ; il doit connaître les spécificités de son marché et maîtriser toutes les étapes de la publication.

Les étapes de la création de votre livre

Pourquoi ne pas avoir titré « comment écrire son livre » ? Parce que ce n’est pas vraiment notre sujet. Écrire n’est que la première étape d’un ensemble de tâches qui vous séparent de la mise en rayon de votre œuvre chez le bouquiniste du coin.

L’idée est la base d’un bon bouquin, tout écrivain sait cela. Mais la bonne idée pour l’auteur n’en est plus forcément une quand on revêt sa casquette d’éditeur. Normalement, le travail d’un écrivain se résume à trouver la bonne idée, écrire un pitch ou un résumé, élaborer un plan et les soumettre à son éditeur. Dans votre cas, une mauvaise idée risque de vous faire perdre du temps et de l’argent, voire condamner à court terme votre carrière d’écrivain à peine naissante. Si vous soumettez chaque idée que vous émettez au regard critique et inquisiteur de l’éditeur qui prend naissance en vous, vous allez rapidement vous retrouver à court d’idées, ou à vous rabattre sur des thèmes à fort potentiel marchand, mais pas très inspirants pour vous.

On considère généralement qu’un roman commence à cinquante mille mots. Si votre livre contient de nombreuses illustrations ou une mise en page un peu sophistiquée, nous vous conseillons de vous tourner vers des logiciels professionnels comme Adobe Indesign qui fonctionnent sur abonnement ou Affinity Publisher. Dans tous les cas, vérifiez que votre récit est bien structuré, ou, si vous ne l’avez pas encore écrit, commencez par un plan que vous détaillerez au fur et à mesure, il sera votre fil rouge. Normalement, l’écriture est ponctuée d’échanges avec l’éditeur qui relit, conseille et parfois réécrit en partie. Là, en auto-édité, vous devez le faire vous-même ou trouver de bonnes âmes pour effectuer ce travail.

Le format d’un livre conditionne le nombre de pages, mais aussi le choix de l’imprimeur. Il faut calculer les marges du livre et prêter attention aux fonds perdus, c’est-à-dire à l’espace situé aux bords du livre. 

Créer une couverture attrayante est l’une des clés du succès d’un livre, d’où l’intérêt de consulter des graphistes professionnels si vous n’avez pas ces compétences. Si vous souhaitez réaliser la couverture vous-même, vous pouvez utiliser la suite Adobe ou Affinity, ou des solutions gratuites comme Krita et Gimp.

Si vous n’envisagez pas de constituer de stock, tournez-vous vers l’impression à la demande, vous trouverez de sites spécialisés, dès qu’un exemplaire est acheté, il est imprimé et expédié. Certains sites proposent de vous accompagner contre rémunération. Si vous envisagez des tirages inférieurs à 400 exemplaires, vous pouvez opter pour l’impression numérique, la qualité est sensiblement inférieure à une impression offset , mais c’est le même procédé que l’impression à la demande. Pour des tirages plus élevés, optez pour l’impression offset, dans ce cas, plus le tirage est élevé et plus le prix est bas.

Pour décider de votre prix de vente, vous avez deux approches : la première consiste à vous dire qu’il y a un prix marché, que vous avez repéré un livre équivalent, et qu’il vous faut coûte que coûte vous aligner. Mais ce livre a peut-être été imprimé en Chine à dix mille exemplaires par un éditeur qui s’en sert comme d’un produit d’appel. la deuxième de calculer tous les coûts d’impression, d’expédition, de préparation et de prendre une marge supplémentaire, sur un millier de livres. En quelques années, avec un peu d’effort, c’est accessible. En France, la loi Lang impose un prix unique du livre pendant deux ans après la date d’édition. Pendant ce temps, si votre imprimeur, votre plateforme d’autoédition, les frais d’expédition ou un autre maillon de la chaîne, augmente ses prix, c’est votre marge qui est mangée.

La diffusion et le référencement de votre livre

Le distributeur stocke les livres, les conditionne, les expédie, prend en charge les retours, les met au pilon si nécessaire, effectue le décompte des ventes et la facturation à l’éditeur. 

Le diffuseur effectue principalement les tâches commerciales et marketing.

Pour vous référencer au catalogue, passez par Cyber-Scribe et Dilicom, toutes les librairies seront en mesure de trouver votre œuvre et vos coordonnées. Pour la promotion, ce qui fonctionne le mieux, ce sont les séances de signatures organisées en librairie. En échange d’une remise importante, on vous offre une table et une chaise, à vous d’apporter vos livres, et surtout votre bonne humeur et votre stylo.

Pour la diffusion sur les plateformes numériques, vous avez Amazon, Google Livre, Apple Books, Kobo, etc. La plupart de ces librairies vont référencer automatiquement votre livre dès qu’il apparaît au catalogue général. Les algorithmes de recherche et de sélection, les systèmes de recommandations, le parcours des catégories, sont autant d’éléments qui vont permettre de suggérer l’achat de votre livre.

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La plupart des éditeurs se sont mis au commerce électronique, c’est-à-dire qu’ils proposent leur catalogue sur leur site internet et permettent aux lecteurs d’acheter directement auprès d’eux leurs livres. 

En ce qui concerne les expéditions, Prisme est un service proposé à l’édition pour centraliser les envois. Pour le reste, il y a La Poste pour les expéditions unitaires, à comparer avec les tarifs des autres transporteurs et la possibilité de livrer en relais. L’offre Livres et brochures est ouverte à tous : particuliers, entreprises, associations, pour des envois à l’étranger.

Nous avons fait un bon tour d’horizon de l’autoédition, détaillant les différentes étapes par lesquelles il est nécessaire de passer pour concevoir et diffuser son livre. C’est pourtant le prix à payer lorsqu’on veut se passer d’un éditeur ou qu’on n’a pas le choix.

Vous trouverez un article plus détaillé dans le magazine « Les Créateurs de Mondes » n°7 disponible ici.

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Communiquer pour mieux vendre

Normalement, un éditeur prévoit des exemplaires gratuits pour les journalistes et autres pigistes. Ce qui se pratique, mais qui ne se dit pas habituellement, c’est que l’éditeur envoie une bonne dizaine de livres dans l’espoir d’avoir un article.

Certains sites spécialisés rassemblent les avis de lecteurs autour d’un ensemble de livres. Sur les différents forums, dans votre signature, faites allusion à votre livre brièvement. De même, demandez à vos amis qui ont lu et apprécié le livre de mettre leur avis sur Amazon et sur les autres sites, cela permet d’augmenter le classement de ce dernier lors des recherches et suggestions.

Si vous pensez vous développer sur internet, construisez votre propre site, votre liste de diffusion et pensez à choisir un hébergement digne de ce nom.

Les réseaux sociaux sont l’incontournable de la communication de nos jours, mais aussi un trou béant où peut s’engouffrer tout votre temps libre ! Il vous faudra interagir un maximum avec votre communauté, surtout au début. Si vous n’êtes pas déjà initié au montage vidéo, nous ne pouvons que vous conseiller d’acheter un bon microphone et de vous tourner vers l’audio avec des plateformes de podcasts ou d’audio à la demande. 

Sur le papier, les salons et foires cochent toutes les cases, mais il faut aussi surveiller le budget. Pourquoi ne pas préparer des marque-pages en cadeau, avec une image et un résumé de votre livre ? Il vous faudra aussi aborder les lecteurs pour leur présenter votre livre, et surtout les plonger dans votre univers.

Nous avons fait un bon tour d’horizon de l’autoédition, détaillant les différentes étapes par lesquelles il est nécessaire de passer pour concevoir et diffuser son livre. Cependant, il y a deux points que nous n’avons pas encore abordés. La question du statut et la communication.

Vous trouverez un article plus détaillé dans le magazine « Les Créateurs de Mondes » n°8 disponible ici.

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Les mentions obligatoires sur le livre

ISBN : Pour pouvoir publier votre livre, vous devez disposer d’un numéro d’ISBN. L’AFNIL vous délivre des numéros ISBN à 13 chiffres. Pour obtenir cet ISBN, vous devez vous inscrire sur la page « services » du site de l’AFNIL et remplir le formulaire en ligne.

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Le prix doit être mentionné sur la couverture arrière en euros et toutes taxes comprises, sauf s’il fait partie de certaines collections.

Les autres mentions obligatoires : Le nom et l’adresse de l’éditeur ou de l’auteur, de l’imprimeur, la date d’achèvement du tirage. Vous devez aussi indiquer les noms des personnes ayant contribué à l’ouvrage.

Les dépôts à réaliser

Le dépôt légal à la BNF: La saisie en ligne de la déclaration de dépôt légal vous permet de suivre l’avancement de votre demande et d’y retrouver les traces de tous les dépôts et accusés au fur et à mesure.

S’il s’agit d’un ouvrage pour la jeunesse, vous devez envoyer deux exemplaires à la commission de surveillance et de contrôle du ministère de la Justice.

Les aides

Les aides sont souvent réservées aux maisons d’édition, avec au moins un an d’existence.

Plusieurs entités délivrent des prêts ou des subventions dont :

  • le centre national du livre
  • Les directions régionales des affaires culturelles DRAC — via les conseillers Livre et lecture du Pôle Démocratisation et industries culturelles (DIC)
  • Les conseils généraux (aides à l’écriture)
  • Les conseils régionaux (Bourses écriture, illustration, traduction)
  • Le Centre national de la cinématographie avec le DIspositif pour la CRéAtion Artistique Multimédia (DICRéAM)
  • Les Aides européennes à la traduction
  • La Fill (Fédération Interrégionale du Livre et de la Lecture)

Vous pouvez aussi organiser une sorte de cagnotte sur un site de financement participatif où vous faites participer votre famille et vos amis, histoire de vous montrer leur soutien.

Votre statut

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Autoéditeur sans statut spécial — revenus faibles

Si vous pensez écrire et publier uniquement vos ouvrages et ne vendre que quelques livres, l’administration admet jusqu’à 1000 € de ventes par an. Les bénéfices seront à inscrire sur votre feuille d’impôt annuelle dans la catégorie des bénéfices non commerciaux BNC non professionnels. Ces revenus seront alors imposés au taux marginal d’imposition, après un abattement de 34 %, avec un minimum d’abattement de 305 €.

Statut des artistes-auteurs

En autoédition, sans société ou association, vos revenus sont des redevances. Ainsi, votre statut ne vous rend pas obligatoirement soumis aux cotisations des auteurs (ACOSS — AGESSA) et à la maison des artistes ; vous pouvez toutefois choisir ce statut s’il vous intéresse, depuis janvier 2021. Les charges sociales prélevées sont de 15 % des revenus bruts perçus, elles viennent en complément de la déclaration d’impôts sur le revenu, qui reste à réaliser.

L’association

Pour créer une association, il faut être deux au minimum (un président et un trésorier), effectuer une déclaration en préfecture, prévoir l’activité commerciale dans ses statuts et faire une insertion au journal officiel. L’association aura la qualité de commerçant, vous ne pourrez pas bénéficier du régime fiscal de faveur accordé aux associations à but non lucratif et devrez payer l’impôt sur les sociétés, la TVA, la taxe professionnelle, etc. — sauf à prouver que ce n’est pas lucratif !

Informations identiques pour les différents types de sociétés

En créant votre société, vous devrez choisir un code APE qui permet de catégoriser votre activité. Les entreprises sont assujetties à la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) .

Pour créer votre société, il faut ouvrir un compte bancaire dédié à l’activité professionnelle, c’est-à-dire affecté à votre activité et séparé de vos comptes personnels. Il est conseillé d’en ouvrir un, mais la loi Pacte du 22/05/2019 supprime cette obligation pour les autoentrepreneurs réalisant moins de 10 000 € de chiffre d’affaires annuel pendant deux années consécutives.

L’entreprise individuelle/microentrepreneur ou encore l’EIRL (anciennement, autoentrepreneur)

C’est le régime de société le plus simple à mettre en place, le moins coûteux, mais qui a aussi ses limitations. Vous bénéficiez de formalités réduites pour déclarer votre activité et payer vos cotisations. Et, important, si vous ne réalisez pas de chiffre d’affaires, vous ne payez ni d’impôt sur le revenu ni de cotisations sociales. Vous n’aurez pas besoin de tenir une comptabilité dans les règles de l’art.

En tant que microentrepreneur, vous pouvez aussi opter pour le nouveau statut de l’EIRL, qui permet de protéger votre patrimoine personnel en affectant à votre activité professionnelle un patrimoine spécifique. En cas de mauvaise fortune liée à cette activité, votre responsabilité n’est engagée qu’à hauteur du patrimoine affecté. Ce sous-statut n’entraîne pas de frais ou de formalités supplémentaires.

La SARL/EURL

La société dite à responsabilité limitée. Vous pouvez créer ce type de société avec un euro de capital de départ. Vous devrez rédiger des statuts, ouvrir un compte bancaire au nom de la société en formation, y verser les apports correspondant au capital, et faire le dépôt auprès du greffe du tribunal de commerce qui a en charge votre localité.

La gestion d’une SARL ou d’une EURL nécessite de nombreuses démarches administratives que nous ne pouvons pas lister ici. Il y a une obligation de tenue de comptabilité, des déclarations de TVA, etc.

La SAS/SASU

La Société par Action Simplifiée est assez proche d’une SARL (pour la SAS) et l’EURL (pour la SASU). La différence principale tient dans le fait que celui qui gère la société n’est plus appelé un gérant, mais un PDG, salarié ou bénévole. De fait, tant que vous ne pouvez pas vous payer de salaire, aucune charge sociale n’est à payer ; il suffit d’indiquer que vous êtes PDG bénévole.

Cas particulier des fonctionnaires

Depuis peu, les fonctionnaires peuvent exercer une activité annexe s’ils sont autorisés par la commission de déontologie. Cette autorisation est valable 2 ans et peut être prolongée d’un an. Au terme de la troisième année, ils doivent choisir entre la fonction publique et l’activité d’écriture !

Vous trouverez un article plus détaillé dans le magazine « Les Créateurs de Mondes » n°9 disponible ici.

Conclusion

Normalement, vous devriez avoir une bonne vision désormais, des avantages et inconvénients à devenir son propre éditeur. De même, ces connaissances pourraient vous aider à mieux comprendre et négocier avec un éditeur, voire devenir plus exigeants par certains côtés. Les livres autoédités peuvent s’adresser plus facilement à un public de niche, donc couvrir des thèmes qui ne l’avaient pas encore été, car les frais engagés sont moins importants et que l’auteur n’a pas toujours le même souci du retour sur investissement qu’un éditeur qui doit payer ses salariés.

 

1 Commentaire

  1. André Lamontagne

    Ah, mais c’est exactement ce que je cherchais ! Je ne savais pas qu’il y avait autant de statuts possibles… Merci pour l’article, je vais aller prendre le mag pour consulter le dossier. C’est décidé, en 2022, je me lance ! Merci.

    Réponse

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