L'algorithme qui lit dans vos pensées

Des chercheurs en neurosciences de l’université de Washington, à Seattle (États-Unis) (le professeur Rajesh Rao, spécialiste des interfaces cerveau / machine, le neurochirurgien Jeff Ojemann et leurs étudiants) sont actuellement en train de mettre au point un détecteur de pensée. Cela va aussi permettre de mieux connaitre le fonctionnement du cerveau et donc de comprendre les mécanismes de certaines maladies.

A l’hôpital Harborview, des implants placés au niveau des lobes frontal, pariétal, temporal et du cortex occipital alliés à un logiciel permettraient de décoder les signaux émis par le cerveau et de savoir l’image qu’une personne regarde. L’algorithme permet un apprentissage afin d’identifier l’image regardée.

Cette expérience a été réalisée sur 7 patients épileptiques afin de connaître la source de la crise. Les chercheurs ont profité de la semaine de tests pour réaliser des tests complémentaires, c’est à dire de diffuser des images devant eux et d’enregistrer les réponses du cerveau au fur et à mesure avec 400ms d’affichage d’image spécifique suivie à chaque fois de 400ms de fond gris. Pour être sur que les individus regardent toutes les images diffusant assez rapidement, les chercheurs leur on demandé de reconnaître l’image d’une maison à l’envers.

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L’algorithme récolte deux signaux cérébraux à la vitesse de 1000 fois par seconde (le croisement de ces données est nécessaire à la reconnaissance):

  • le potentiel évoqué (modification du potentiel électrique du système nerveux face à une stimulation)
  • les signaux persistant ensuite.

Le logiciel détermine ainsi les signaux répondant à une image. Suivant le type d’image, maison, visage, ….  des zones différentes des zones corticales visuelles réagissent. Ces enregistrements ont permit d’entraîner l’algorithme.
Quand les patients sont par la suite placés devant une nouvelle série d’images, le programme reconnait, en temps réel et dans 97% des cas, s’il s’agit d’une maison ou d’un visage.

Ce logiciel permettra ainsi de mieux comprendre certaines maladies affectant la mémoire ou les fonctions motrices et de permettre la rééducation du cerveau ou encore de mettre en place des mécanismes de communication pour des patients paralysés.

Il devrait aussi pouvoir servir à d’autres utilisation comme la  manipulation mentale, mais ceci est une autre histoire.

Ce programme a été supervisé par Kai J. Miller, neurochirurgien,  pour les universités de Stanford en Californie et de Washington à Seattle, ainsi que pour la NASA.

sources:
http://journals.plos.org/ploscompbiol/article?id=10.1371/journal.pcbi.1004660
 
 

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