Nouvelle critique des cahiers d'Unreal Engine et réflexions sur l'avenir

Pour celles et ceux qui souhaiteraient un autre avis sur les livres que j’ai écrits sur Unreal, voici une nouvelle critique de Jeux Video World – c’est si rare que quelqu’un prenne autant de soin à lire mes livres et en écrire une critique que j’ai envie de saluer au passage son travail.

Bon, vous allez me dire que si elle était mauvaise, je ne l’aurais pas relayée – que nenni ! Enfin, je crois – j’en sais rien honnêtement.  Celle-ci n’est pas toujours élogieuse, mais elle reste bienveillante dans l’ensemble et me semble relativement objective – d’autant plus que je ne connais pas le rédacteur de ce site (que je vous le conseille au passage car cela traite des jeux vidéo et que c’est assez bien fichu).

Avec l’éditeur, nous avons fait le choix de l’impression numérique des livres – cela nous permet de sortir des livres “tout en couleur” sans avoir besoin d’en tirer des milliers d’exemplaires en une seule fois. Cela devient fort rare en informatique et c’est dommage. Et puis, c’est plus réactif: on peut apporter plus facilement des mises à jour, et traiter de sujets moins “grand public”. Quand j’ai négocié la sortie de mon premier livre avec une grande maison d’édition (filiale d’Albin Michel), on m’avait dit qu’un des grands succès français était un livre sur Blender, le premier en français… Il y avait à l’époque 4 ou 5 éditions et chaque édition faisaient près de 2000 exemplaires… En moi-même, je me disais que c’était très peu… La maison d’édition me promettait 1500 exemplaires imprimés sur 2 ans. Au final, en passant par un petit éditeur et en ayant une démarche active sur le net, je vais probablement atteindre les mêmes chiffres de vente, mais avec un retour financier bien plus intéressant. Je n’écris pas pour l’argent, mais c’est vrai que quand on créé quelque chose et que cela ne nous rapporte rien ou presque, c’est comme si le monde te disait “hé mon gars, c’est pas ben bon ce que tu nous as fait là, t’es dans l’champ” (dans ma tête, ça sonne canadien… sais pas pourquoi). Alors, ça fait du bien quand ça marche un peu… les ventes sont plus importantes que je ne l’espérais.

Cela me permet d’aborder un autre sujet: le potentiel de lecteurs est relativement faible dans le monde francophone. Il y a la France, la Belgique, la Suisse et un peu le Québec (ils lisent plus volontiers des livres en anglais). Et le reste du monde francophone… n’a pas beaucoup de moyens… En même temps, il y a surproduction de livres “techniques” dans le monde anglophone. Il n’y a qu’à voir les productions de Springer, Wiley ou Packt Publishing (d’ailleurs en parlant de ces derniers, j’adore leur sélection de livres… mais je trouve leur contenu très pauvre).

spirale de livres

Je ne sais pas quelle est ma place dans tout cela… je ne veux pas écrire pour écrire – j’ai juste envie de partager mes notes, travaux, recherches et réflexions avec d’autres.  Et il y a des tas de domaines dans lesquels j’ai envie de mettre mon nez, pas seulement la 3D temps-réel. Bon ça reste toujours de l’informatique et plus particulièrement du développement.

Je n’ai pas envie de sortir un livre qui ne sera pas lu ou presque… Si je “commet” un livre sur la Bioinformatique, cela va intéresser peu de monde je suppose (peut-être ai-je tort), surtout des universitaires… qui liront plus volontiers des livres en langue de Shakespeare d’ailleurs. Alors, dois-je écrire directement en anglais ces livres ? Ou m’abstenir d’écrire, garder pour moi mes notes et les exploiter professionnellement (le savoir c’est le pouvoir, mais uniquement quand on il n’est pas partagé) ?

Je met cela en parallèle du fait qu’on lit de moins en moins. J’aimerais inspirer les moins de 30 ans, mais je crois qu’ils ne prennent plus le temps de lire au delà de quelques lignes un article de blog. D’ailleurs, je fais cela de plus en plus également – c’est peut-être une question d’époque plutôt que d’âge… restent les habitudes qui freinent le changement chez les plus de 30 ans. Je suis abonné à tellement de flux RSS que pour pouvoir suivre le rythme, je lis beaucoup moins dans le détail qu’avant. Suis-je en train de me créer une sorte de culture poubelle, une indigestion d’infos prédigérée par d’autres et le plus souvent insipide ? Ben oui, je ne critique pas les blogs, j’écris un billet sur mon propre blog ! Ce qui m’attriste, c’est qu’on ne prend plus le temps de chercher par soi-même. L’intelligence ne se nourrit pas de réponses ! Elle a besoin d’un questionnement omniprésent. Mais le monde va trop vite…. plus le temps de se questionner car on risque de passer à coté de la réponse à une question qu’on n’a pas encore eu le temps de se poser… C’est l’accélération du progrès comme le soutient Kurzweil dans son livre “Humanité 2.0”.

J’ai envie de transmettre – sinon je n’écrirais pas. Alors si le livre disparait, que nous reste-t-il ? Ne devrions nous pas réfléchir d’avantage à une autre forme de transfert de la connaissance – ou plutôt du “savoir-faire” car la connaissance, on peut l’avoir via un moteur de recherche en quelques secondes. J’aimerais que le jeu vidéo soit plus orienté vers la transmission de valeurs et de savoir-faire, plutôt que d’apprendre aux enfants à tuer avec nombre incalculable d’armes… L’arrivée prochaine dans les foyers de périphériques de réalité virtuelle va t-elle permettre d’aller dans mon sens, ou alors, formera-t-on d’avantage les petits soldats de demain ?

Bon, je t’ai perdu dans ma réflexion fidèle ou ponctuel lecteur de ce blog. Je sais que tu n’as pas toujours le temps ni l’envie d’écrire un commentaire, alors je m’y suis fait – c’est pas grave, je fais pareil tu sais. Je suis souvent surpris d’ailleurs qu’un inconnu me dise “hé, j’aime bien ton blog, surtout l’article sur …” – je vois bien les stats, je sais qu’il y a du monde qui passe sur ce blog, mais c’est toujours surprenant de constater que ce sont des vraies personnes IRL ! Merci de me lire… on se sent moins seul quelques fois. J’aimerais bien te parler en vidéo, mais j’ai peur de la caméra…

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